04/06/2000

 
 

 

 

 

 


Babel des Troubles y de Santa Sangre.

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Le six milliardièmme homme est né à Sarajevo des Troubles y de Santa Sangre. Ma tête est peuplée de six milliard hommes et d'autant de femmes qui se déchirent la peau l'un contre l'autre dans le désert des désirs qui avance, qui laisse la soif immortelle. Ils sont douze milliards en moi à ne pas savoir parler. La route de Babel est la route qui mêne de mon hémisphère gauche à mon hémisphère droit. Elle est longue et elle est pavée de neurones et de synapses mortes au combat. Je ne sais plus parler. Ma surpopulation crâniènne d'analphabète de l'amour et de muets des yeux ne comprend plus rien à la télé communautaire du grand HLM de mes rêves. Il me faut monter un étage. Le pôle nord de mon corps, je me le suis arraché. La suite des l'histoire est inachevée. Je ne verrais jamais l'été et ses bras sont un port à jamais asseché. Maintenant, la grande secession, l'indépendance unilatérale de ma chambre à coucher, l'envie plus que jamais d'être aimé. Je ne blâmerai pas les aéroports de leurs départs ni l'été médicale de son abscence ou de mon insolation amoureuse mais j'accuse la grande chirurgie affective. L'ANASTHÉSIE SERA INTERNATIONALE. Sarajevo est la capitale de mes entraîlles, les morts et les bouchers y dinent à la même table sur la route de mon bonheur, la route qui mêne à Babel. Je n'ai besoin de personne pour me faire un petit Beyrouth mental, un Nuremberg émotif. Maintenant, j'irai chercher mon sel seul à la mer. Comme en 47 sur les rives déchiquetées de l'Inde. Les soldats du doute feront face au silence de l'océan et à l'humidité de mon orgueil battu. J'irai chercher mon sel seul en silence. L'espoir ne sera plus contondant et les mots de bonheur sortiront de mes yeux. La mémoire soporiphique meurt à jamais. Il sera écrit que Babel ne tombera pas, que je ne manquerais pas mon vol, ni ma vie, ni la sienne, ni celle des enfants que nous n'aurons pas. Nous n'aurons pas d'enfant aphone ni d'analphabète pour prolonger notre lignée d'atrophié du coeur au crépuscule de notre Sarajevo matrimoniale. Personne ne pilera sur une mine affective, sur une mine sensuelle. Je ne careserai plus ses seins. Personne ne sera emputé des ventricules. Babel ne tombera pas et les chambres doubles con camas matrimoniales seront disponibles pour les générations à venir.

J'irai chercher mon sel seul à la mer. À moi le coup d'état sans éclats. À moi l'Inde de 47. La maré passera. Versailles de mes Entraîlles du Sans Sacré des Émotions Trop Fortes priez pour nous.

J'irai cercher mon sel seul et Babel ne tombera pas.