08/08/2000

     

 

 

 

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Love tears and dynamite
Ou la nuit d'amour de Osaka Habibi.

Nous sommes dans une chambre de motel. L'éclairage allogène est trop fort ce qui rend la pièce surexposée. Un couple fait l'amour sur un lit d'eau sans drap. Leur peau humide colle sur le plastique blanc du lit. Ils sont nus et imberbes.

John Free : Pourquoi tu pleures, miss cuisse lisse ?

Osaka : Tais-toi.

John Free :
Tell me miss sexy, pourquoi les larmes, si tu jouis ? Si tu veux, on arrête.

Osaka : T’es formidable.

John Free : De qui tu parles ?

Osaka : J’en connais pas moi des crocodiles qui lâchent leurs proies sans avoir craché leur petit oiseau.

John Free : Je connais personne qui a vu un crocodile.

Osaka : Moi, j’en ai vu, en Floride.

John Free : Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que t’as ?

Osaka : Chante-moi une chanson.

John Free : Comment ça, chante-moi une chanson ?

Osaka : Continue à me baiser, pis chante moi une chanson, je te dis, ça me donnera l’impression que tu écoutes pas.

John Free :
Voyons.

Osaka : S’il te plaît.

John Free : Qu’est-ce que tu veux que je chante ?

Osaka : N’importe quoi, mais va jusqu’au bout de la toune, pis si j’ai pas fini, recommence-la au début. Jure que tu vas le faire, que tu vas pas arrêter.

John Free : Pourquoi, merde ?

Osaka : Jure sinon je m’en vais et on ne se revoit jamais. Jure.

John Free : Ok, Ok, je le jure.

Osaka : Vas-y chante.

John Free : Yes sir. (Il chante).

Osaka : Tu sais mon ventre, la butte en haut de mon sexe que tu aime tant, tu sais mon ventre, le bout du tunnel où ton pénis est lové, mon petit ventre, et bien, en dessous de la peau que tu aime mordre, en dessous du nombril que tu chatouille du bout de ta langue, en dessous, c’est une ville bombardée, c’est le désert sale, un dépotoir sec, un vieux sac souillé. Mon petit labo à bébé, c’est un vieux char rouillé par où passe le vent, un vieux char dans une cour à scrap abandonné, c’est une histoire du passé, un rêve d’hiver. Je ne pourrais jamais enfanter. Le salaud en blanc au regard d’azote, aux gants givrés, il me l’a dit. Il me l’a montré sur ses petits schémas, sur son écran. Il y a rien à faire. (Peu à peu, il arrête de chanter). C’est un trou noir, mon utérus, un sac vide, un cimetière à fœtus, une cause perdu de plus. Arrête pas de chanter, mon salaud, t’a juré, mon beau salaud, t’as juré… (Elle lui martèle le ventre, il recommence). Fais-moi jouir, mon enfant de chienne, fais moi jouir… Le dégueulasse aseptisé, il me l’a montré, avec les x-rays, les éprouvettes et les graphiques. Fais moi jouir, mets de l’eau dans mon désert, enfonce-moi des lames de rasoirs si tu veux, je veux un enfant de toi, merde, je veux une enfant de toi, me comprends-tu ? Pourquoi tu pleurs ?

(Il continue de chanter).

Osaka : La prochaine fois, on fera l’amour sous la douche.

 
 
 
 

 

 

 

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