21/11/2000

     

 

 

 

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Les flocons technicolors sont tous identiques.

2ième semaine.

La semaine dernière, Walt Disney a été sorti de sa cuve d'hibernation par un enfant-docteur albinos nommé Hiro-Hito Junior. Disney a pris connaissance du monde où il a été ressuscité. C'est un monde froid, reluisant. La classe dirigeante, ayant trouvé un remède contre le vieillissement des cellules, a exterminé les vieux.

Scène 3.

Walt est devant un simulateur d'écosystème. Il est au bord d'une plage. Il est nu et vieux. Sa peau pleine de rides, de veines bleues et de taches de vieillesse, contraste avec le blanc albinos et lisse, épilé des enfants-docteurs. À ses côtés, une femme virtuelle. Elle est floue. Le soleil ne finira jamais de se coucher.

Walt Disney : Mon amour. Ce que l'éternité peut-être longue sans toi. Je n'en veux pas. Je ne veux pas de leur monde froid, plus froid que l'azote liquide qui m'a servi de drap, qui a remplacé l'air de mes poumons toutes ces années sans toi. Tu es morte depuis si longtemps. Tu n'es plus qu'un souvenir à l'état palliatif. J'ai honte. Ton image n'a pas survécu à ces siècles que j'ai passé dans ma petite ère galcière privée. Moi qui savais les faire vivres les images, moi qui en avais 24 par seconde, des images. J'ai honte d'avoir voulu vivre loin de toi, plus que toi. J'ai honte d'avoir nié. En voulant être immortel, je suis devenu un démon. Je suis un monstre. Ici, maintenant, après ma vie de mammouth congelé, j'ai peur de la vie et je rêve de la mort. Je t'aime toujours malgré les calottes polaires. Ta peau était un baume anti-choc. De tes si belles imperfections, ne reste plus qu'un souvenir qui se lève tous les matins à l'est et qui se couche tous les soirs quand je meurs dans mes rêves sans fond ni lumière. Je suis seul, surexposé. Le silence menteur de la santé morne durcit. Ils ont fait de mes dessins des drapeaux, de mes bonhommes des fonctionnaires, de mes ballades des slogans et de mes génériques la liste des most wanted men. Des tumeurs malignes écaillent les couleurs bâtardes de la pellicule. Ne reste plus que le blanc. Le blanc où l'on écrit les slogans du Parti. C'est le KuKluxKlan sur grand écran, le prince charmant est inquisiteur, Blanche Neige est une vieille star d'un porno aseptisé. Et la famille, un piège. Tous les hommes sont aux bois dormant. Ne reste plus que l'enveloppe. Et le sommeil sans cadran. Je suis seul, avec mes cauchemars bien cadrés. Me manquent tes imperfections, ton odeur, ta peau tiraillée, tes cheveux gris calme, ta tête de nuages, me manquent tes yeux aux regards périphériques que donnent les rides, tes yeux qui savaient me regarder. Le ciel est aryen, la mer sent le chlore. Chaque image de mon rêve de bambin est prostituée en propagande, mes yeux sont des parasites subliminaux. Je regarde le monde avec publicité. Le temps se meurt. Il agonise. Ils l'ont passé devant les pelotons aveugles. C'est mon tour maintenant. Et ils prennent leur temps. Ne me reste plus que la même seconde repassée sans cesse, que le même plan, toujours, parfait, symétrique, sans phosphate. L'air que je respire sans toi est un agent de conservation. Notre amour est postdaté. L'amour est postdaté. Je me meurs de ne pas avoir accepté la mort. C'est la victoire du décapant, du sperme stérile. Ils ont mis du détergent sur ta liqueur d'amour. Même leurs sexes sont propre, même leurs pûtes sont synthétiques. Je n'ai plus le goût des nudités bon marché sachant que tu n'es pas là pour ne pas savoir. Je cherche les bras de ton souvenir pour m'y lover. Je ne trouve que la limpidité de leurs mots. Le vide est propre et l'oubli, synthétique. Ils ont mis mort à l'autodétermination des cellules, à la liberté d'expression des pores de ma peau, ils ont assassiné les caresses maladroites, l'amour des bancs d'auto, les condoms percés. Même l'histoire ne parle plus de toi. Elle ne parle que des parquets cirés qu'ont laissés les révolutions, elles ont fait de moi un boucher d'idée. Les enfants sont morts à tout jamais. Ne reste plus que la femme de ménage extrapolée à l'état de nation, que le vidangeur transcontinental, que la machine à laver l'amour propre. Ne reste plus rien de nos baisers. Ta main ne trouvera plus la mienne, tes jambes ne s'ouvriront plus, tes lèvres resteront rigides et ton fard coulera sans moi. Les visites sont surveillées. Notre amour est néanderthal, nos baisers volés sont passibles de mort. Ici, la grossesse est mathématique, la femme enceinte, bannie. Ne reste que le javel pour pleurer les années sans toi. Ne reste plus que la mort comme lit d'amour. Ne reste plus que moi, sorti du congélateur comme une erreur, rangé entre les photos compromettantes et la fin du monde à jamais repoussée. Ne me reste même plus le souvenir de ta voix.

Monsieur Disney ingurgitera-t-il un océan de pilules pour mettre fin à ses jours ?
C'est ce que nous verrons la semaine prochaine
pour la suite des aventures de Walt au royaume du mirage ambulatoire.

Même poste, même heure.

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

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