20/12/2000

     

 

 

 

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Les flocons technicolors sont tous identiques.

5ième semaine.

Walt Disney a enfin remarqué que dans les veines des hommes coule l'azote,
et que son cœur n'a pas été décongelé.

Scène 8.

Walt parle à ses bonshommes. Ses bonshommes l'accusent. Tout le long de la scène, les films en noir et blanc de Disney sont projetés sur lui en fast forward.

Mickey Mouse : Le monde que tu vends avec tes princesses endormies et tes baisers vénéneux est un monde atrophié. Sens-tu les nazis sur le payroll du CIA ? Sens-tu les commandos de la mort made in USA, les coups d'états as a gift from the only land of the free, la libre entreprise sobre el santa sangre, sobre la dolorosa del Sur America ? Les régimes de la peur te réveillent-ils la nuit ? Sais-tu le plan Marshall et la répartition mondiale ? L'Afrique comme ressource première, l'alliance americano-nazie d'après guerre… Connais-tu Georges-Frost Kennan, le grand congélateur planétaire, l'appelles-tu par son petit nom, Frost ? Sais-tu la crucifixion du Salvador, l'empaillement d'Allende ? La paix c'est la guerre, la liberté, c'est l'esclavage, l'ignorance, c'est la force. Et la surinformation noie l'opinion.

Walt Disney : Je n'ai pas voulu la haine. Je n'ai pas dynamité les ponts, je n'ai pas tranché les joues des non-voilées, je n'ai pas assoiffé les troupeaux des nomades, je n'ai pas vendu mes bêtes aux abattoirs blancs, je n'ai pas tracé les frontières de l'Afrique orale, je n'ai pas inventé la jalousie, je n'ai pas divisé pour régner, je n'ai pas offert plus à l'équipe adverse, je n'ai pas noyé les Micmacs dans l'alcool, je n'ai pas mis le feu aux pneus autour des cous des Chiliens, des Tontons Macoute, je n'ai pas franchi le sentier lumineux. Je n'ai pas lâché Fat-Boy sur Hiroshima, je n'ai pas divisé l'atome, je n'ai pas compris la force des slogans, je ne suis pas d'une race quelconque, je ne suis pas partisan d'un drapeau, d'une banderole ou d'un pamphlet, je n'ai pas implanté la famine, je n'ai pas détourné les fonds, je n'ai pas irradié Bikini, je n'ai pas manipulé les livres d'histoires, je n'ai pas compris la leçon, je ne verrai pas le soleil se lever. Je n'accepterai pas le froid, la frigidité. Et même si je meurs, je ne serai pas martyr parce que les martyrs appellent les martyrs. Je ne serai pas mort parce que je ne vivrai pas. Je ne pleurerai pas en présence de mon avocat. Je suis seul face à l'œil. Et dans ma tombe, je me regarderai. Je ne me jugerai pas. Je ne serai pas là quand vous allez gagner et que le monde sera monolithique. Je ne baisserai pas les yeux et je ne répondrai plus. J'ai fait des dessins. J'y ai mis de la couleur. La couleur m'a endormi et mes dessins m'ont mangé.

Scene 9.

Walt est de nouveau devant le simulateur d'écosystème. Il est sur une banquise au pôle Nord. Il est encore nu et le froid semble réel. Sa peau est bleue. Il veut mourir. À ses côtés, une femme. Une très vieille inuit. Elle mange une lanière de poisson salé. Elle attend la mort. Elle n'écoute pas. Elle regarde ses cataractes. Elle attend. Ainsi mourraient les inuits, avant le nivelage des traditions. Face à la banquise, dans la mer, des baleines se tiennent immobiles. Elles, elles semblent écouter. Assis autour, des ours polaires écoutent aussi, tranquillement, presque mélancoliquement.

Walt Disney : Mon amour. Je suis victime de mon ambition. Je suis victime des magazines, de la femme cotée en bourse, des cabines téléphoniques où elles se changent en superbête de sexe. Je suis victime de ma bestialité. De ma soif de mots, de mon refus à la normalisation avec la niche, le gazon et les 1.6 enfants. Me pardonneras-tu ? Je suis américain ! J'ai voulu conquérir le monde, j'ai voulu tuer le temps. Je me suis coulé dans l'azote des slogans réconfortants, dans les tranquillisants, dans les anabolisants et le barbiturique. Maintenant, mon cœur est une banquise. Je refuse le succès des autres, seul ma nation vaut son cinéma. Je m'autocritique, je me révolution culturelle, je me génocide. Je ne crois plus aux samedis sous la pluie. J'attends la vie. La loi du bonheur obligatoire et je suis fort et regarde moi je suis intéressant regarde mon corps alléchant et mon talent, tout ça je t'encule jusqu'au corde vocale. Tout ça parlera nauséabond. Je hais les artistes purs, comme je hais l'extrême ambidextre. Je hais les artistes purs. J'adore la prostitution. Me pardonneras-tu de tomber bas en amour devant la femme du centerfold ? Me pardonneras-tu de rêver d'une femme dépliante, de mettre ma main à ton cul ? Me pardonneras-tu d'avoir fait la révolution anorexique ? Me pardonneras-tu ? Je ne ferai pas mes devoirs. Je serai insupportable, alcoolique, convaincu de ma supériorité en état d'ébriété, je serai imbu de ma médiocrité. Je me rappelle de toi comme de mon sens des affaires. On ne me cotera plus en bourse. On pensera à moi au passé. On se rappellera ma beauté stéroïde, mon cliché d'exister. Les mots sont des mirages. Je connais la route du désert. Et je sais appeler la pluie. Je vais me crever les pneus, je manquerai d'essence sous un soleil torride. Je n'ai jamais vu l'été. J'ai la peur d'exister. Rappelle-toi de moi comme d'un roi, moi qui mendie l'avenir, qui supplie l'heure, rappelle-toi. Rappelle-toi de moi.

À suivre.

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

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