17/01/2001

     

 

 

 

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Big Bang

Nous sommes dans le studio TV d’un talk show. Un vieux type anonyme et gris tient un fusil calibre 33 contre la tempe de Miss Univers, couronne et banderole comprise. Un animateur paniqué va de la scène de chantage à la caméra pour sauver l’émission. C’est la panique dans le studio, tous sont névrosés par l’extrême de la situation. Tout ça Live on TV.

N’importe qui : Alors voilà. Ça se passe comme ça. Elle, c’est Miss Univers. Moi, je suis n'importe qui, je suis tout le monde. Le gun dans ma main, on peut appeler ça comme on veut, l’élément déclencheur, le doigt de dieu, la seconde d’avant, peu importe. Et si j’appuie sur la détente, c’est le big bang, l’univers qui éclate et qui se répand dans les quatre coins du studio.

L’animateur télé : Tout ça à l’émission d’aujourd’hui !

N’importe qui : Et je vous prierais de me prendre au sérieux.

Miss Univers : Je ne vous ai rien fait, moi, monsieur, pourquoi vous vous attaquez à moi ?

N’importe qui : Comprenez-moi, madame, je ne pouvais pas tirer quelqu’un au hasard. C'est injuste. Pourquoi descendre lui plus qu’un autre ? Menacer l’univers, c’est équitable, lorsqu'il meurt, tout le monde meurt.

Miss Univers : Mais je suis une personne comme les autres, moi ! Je vous jure ! Je n'ai pas voulu la haine, moi ! Jen’ai pas planifié la solitude, je n’ai pas crée les cuisines anonymes ou l’on meurt seul, les écrans blancs qui nous servent d’amants, je n'ai pas voulu les lits vides où l’on baise en série et qui nous lèvent le cœur, l’amour à l’heure, je ne suis pas responsable de la surdité d’état, des téléphones muets et du silence. Je suis comme les autres moi, j’ai rien fait. J'ai regardé ailleurs. Et je ne devrais pas voir le soleil se lever ? Pourquoi ? Pourquoi?

N’importe qui : Je suis désolé, madame, mais ce n'est pas vrai. Vous n’êtes pas comme les autres. Il y en a qui naissent Miss Univers, moi je suis né en retard, c’est ça le hasard. Je ne suis pas monsieur muscle, moi, je ne suis pas le géant vert ni le roi de l’auto, pas même l’employé du mois, je suis anonyme, un peu d’encre dans le bottin. Vous, vous êtes l’univers, vous avez répondu aux questions, vous avez la couronne, le vote des juges et le sex appeal suffisant pour faire dériver les continents. C’est ça le hasard. Mais c'est moi qui tient le fusil.

L’animateur télé : Monsieur, qu’est-ce que vous voulez ? Il faut nous le dire pour que l’émission avance, il ne faut pas perdre le téléspectateur !

N’importe qui : Ce que je veux ? J’aimerais que vous preniez un bottin de téléphone, que vous l’ouvriez à une page quelconque, que vous plantiez votre doigt sur le nom d’une femme, n’importe laquelle, la première, et que vous lui disiez de venir ici.

L’animateur télé : Et que devra-t-elle faire?

N’importe qui : Qu’elle vienne, nous verrons ensuite.

L’animateur télé : Suspense ! Quel sens du spectacle ! Que j’aime la télévision ! Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, tv doesn’t get more real than this. Aujourd’hui, à l’émission, nous avons le triage du siècle, la roulette russe universelle, le plus grand concours de tout les temps. Et grâce au canal vie, vous pouvez suivre tout ça en direct, comme vous pouvez assister aux événements les plus palpitants du monde, chez vous, dans votre sofa. Plus besoin de sortir. Nous amenons la vie dans votre salon, plus vrai que la verité.

N’importe qui : Le bottin monsieur, ou miss univers devra récolter son prix.

Miss Univers : Je ne veux pas mourir, monsieur ! S’il vous plaît, je ne veux pas mourir. Je vous donnerai tout ce que vous voudrez, les métros bondés de Tokyo, les clubs échangistes d’Amsterdam, les soirées collées aux ciné-parc, je vous donnerais une boite vocale remplie à pleine capacité, des admirateurs anonymes, un fan club et un lit qui ne dérougit pas, je vous donnerai la satisfaction d’être aimé, la télé même, le bois de la croix, n’importe quoi.

N’importe qui : Je vous prie de vous taire, madame.

Miss Univers : Je vous donnerai n’importe quoi, je me met à genoux, j’ouvre grand si vous voulez, mais s’il vous plaît, ne me tuez pas.

N’importe qui : Taisez-vous, madame !

Miss Univers : J’écarte grand si vous voulez, je vous
lécherai, je ferai tout, je vous en supplie.

L’animateur télé : Vous êtes en ondes madame.

N’importe qui : Taisez-vous, merde !

Miss Univers : Je vous en supplie, je vous lave les pieds, j’ouvre les jambes et j’avale. Il lui met le canon du revolver dans la bouche.

N’importe qui : Vous avalez vous dites ? Vous avalez ? L’appel de l’homme et le silence de l’univers, ça ne vous dit rien ? Dieu n’est pas responsable des balles perdues.

L’animateur télé : Allons, restons calme, je vous en prie, restons calme. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, voici le moment tant attendu, le grand moment du triage ! Tambour ! Alors, j’ouvre le bottin , je plante mon doigt, et je choisis un nom, je choisis un nom. Hum. Hum. Je vous rappelle que nos triages sont surveillés tout les jours par la firme BCBG. Alors voilà: le numéro d’aujourd’hui est le 279-0777 ! Le 279-0777 ! We have a winner ! Come on down, 279-0777 !! You are the next contestant !

Personne qui arrive du public : Je suis tellement excité !

L’animateur télé : Bonsoir et bienvenue à l’émission ! Ils se font la bise.

Personne : Je suis tellement excité !

L’animateur télé : Alors je vous rappelle les règles !

Personne : Ça va. J’ai tout suivi à la maison, j’écoute toujours votre émission !

L’animateur télé : Fantastique ! Alors ne perdons plus notre temps et commençons !

Personne : Je vous écoute, monsieur.

N’importe qui : Je ne sais pas comment vous dire ca madame.

L’animateur télé : Il reste deux minutes avant la pause.

N’importe qui : Aidez-moi, madame. J’ai peur de ne pas exister. Ma vie est un tv dinner, une commande à l’auto, un appel anonyme. Mon lit est un désert. J'ai tué mon ami imaginaire, je mange du silence et je bois le vide. Seules les machines me parlent, la télé, le guichet, la voix chaude du métro que j’attends comme un amant absent. Je n’ai plus personne qui me donnerait envie de me laver, mon futur est en marchette, je ne suis même plus abonné. Je ne veux pas m’éteindre dans un hospice, une napkin sur la tête, de la bave au menton, le dos à la télé, à regarder le froid du mur blanc . Mon souvenir est mort avant moi. Plus personne ne connaît mon nom. Je veux quelqu’un qui me regarde, qui me verrait, qui m’en inventerait, des petits noms, quelqu’un qui décongèlerait mes soupers, qui me sortirait de l’oubliette, qui tirerait les couvertures. Qui habiterait le vide qu’il y a à ma vie. Qui mourrait avec moi. Peu à peu. Dans les petits gestes. Dans l’haleine, la peau, la vue. Un bâton de marche, une raison de marcher. J’aimerais que, quelque part dans l’univers, il y ait quelqu’un pour moi. Une compagne. Quelqu’un. Je suis seul comme l’Amérique. Je ne pleurerai pas en présence de mon avocat.

L’animateur télé : Bref, vous êtes comme tous les autres.

Personne : Je vous comprends monsieur. Moi-même, j’ai tout essayé. Les boites vocales, l’amour électronique, le phone sex et les petites annonces. J’ai levé ma jupe dans la cours d’école, j’ai eu des blind date d’où je suis revenue les yeux froids, violée. J’ai chatté dans des écrans blancs avec des japonais vicieux, j’ai consulté des pervers à pilules, des complexés d’agoraphobie, je me suis mise nue dans la chambre d’amis pour le mononcle gentil. Pas moyen d’être aime. J’ai mis des minijupes qui me coupaient les jambes, des décolletés comme la mer rouge, j’ai fais des croisières dans le silicone, j’ai baisé des mourants, dormi avec des clochards, j’ai payé, et souvent, j’ai fait semblant. J’ai tout fait, tout essayé. Personne. Il n’y a jamais d’abonné au numéro que j’ai composé.

N’importe qui : Voulez-vous m’embrasser, pour le meilleur et pour le pire ?

Personne : Avec joie. Ils s’embrassent. Longuement, passionnément. Quand sortent les langues, un coup de feu dans la bouche de l’univers. Qui avale.

N’importe qui : Quand je t’embrasse, l’univers n’existe plus.

Personne : Alors, ferme aussi la télé. Un deuxième coup de feu, et la télé s'éteint.

Fin du monde.

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

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