23/05/2001
art mécanik
hurle
motels murder
xia

 

Marlboro Man
Kite dreams, happy genie.

Le vent dérange les icebergs de plastique qui fondent en mon monde. Mon monde a l'œil crevé, il ne voit plus en 3 dimensions, il croit au père Noël et à l'amour éternel. Et comme les années passent et que la terre me tourne dessus, le froid reste réel, la solitude reste un exil même si le pôle nord n'a jamais existé. J'ai oublié la force d'être autre chose que le doute. Les décisions sont longues, le soleil chaud et la drogue forte. Mon yoga mental manque de flexibilité. Le génie est saoul au fond de la bouteille. Et la population de l'Inde augmente en moi. Les mêmes plans me réforment agraire et vestimentaire, les mêmes visions de trophées, d'olives et de Martinis flambés à la flamme olympique, les mêmes gestes de monsieur muscles, le même mythe du Marlboro Man. Je ne suis pas le Marlboro Man. Je ne fume même pas la cigarette. Je suis dépendant pourtant de mon rêve d'Everest mental. La terre tourne à l'envers et moi, je cours pour rester sur place. Combien de points de suture pour être un homme ? Combien de femmes trahies, de grossesses siphonnées, combien de lacs de larmes polluées ? Je ne suis pas The Marlboro Myth. Je ne suis pas un homme. Je suis un regret. Les svastikas tournent, les hommes meurent avec ou sans moustaches, avec ou sans vers dans la chair à canon pourrie, avec ou sans rupee, rubis, rabies, avec ou sans amis. Et quand même les craintes de suceurs de pouces, de pisseurs au lit. Encore, je cherche ma signature, mon reflet dans le miroir de l'histoire. Encore le rêve de me changer en un autre dans une cabine téléphonique sale. Je rêve roman entre deux eaux. Noyé. Amorti. Je me mange le foie. Je n'ai pas la malaria. Je l'aime. Mais je veux goutter l'amour qui coule entre les jambes des femmes multicolores.


Je suis suffisant pour être heureux. À moi la vie cerf-volant pour le prochain cycle, pour la prochaine marche, pour le prochain millénaire. Pour la prochaine morsure du serpent. À moi l'air pur et le bonheur simple.
Le Marlboro man est mort à Kaligath, avec sa moustache. C’est un héros.
Atlas, son voisin de lit est mort lui aussi. À force de porter la terre, il avait le dos plein de vers qui entraient et qui sortaient de sa chair pourrie. Mourir est un geste héroïque au quotidien.
Pour eux, je lance à la mer une bouteille avec un génie. À moi la vie et le bonheur cerf-volant.

Kite dreams. Smile, happy genie.



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