20/06/2001
art mécanik
hurle
motels murder
xia

 

Cargo kiss.
Should I leave America?

De l'autre côté du détroit de Béring, de l'autre côté des icebergs et du froid de la solitude, le bateau qui me transporte continue sa marche du sel. Je suis un paquebot trois mats. Et les vaisseaux fantômes naviguent sur mes synapses, des cimetières de baleines me regardent, chatouillent ma schizophrénie. Je suis submergé aux deux-tiers, 70 % des mers de mon imagination polluée ont des profondeurs insondées qui font peur aux chiens. J'ai vu les monstres marins en moi, j'ai vu de l'autre côté du ressac, j'ai senti le requin blanc puant de mon impatience d'aimer, j'ai fermé mes 2 mâchoires et mes 4 rangées de dents d'or sur mon reflet, j'ai rasé la mort, je suis tombé sans filet, j'ai eu peur, je suis laid, ça y est, c'est dit, c'est fait.
J'ai les mouettes comme amies. Elles chantent lorsque je suis fou. Les perroquets sont là aussi. Ils me parlent, ils me content des histoires, ils me parlent du noir, du manque d'amour, du cinéma massala de mes émotions bidons. Les éléphants guettent assis autour, ils font les phares et se méfient de demain. Les chameaux au loin sifflent leurs cornes de brumes, les mouettes vont et viennent entre nous. Le bateau ne coule pas. Les rats sont agoraphobes, muets, le ressac va et vient et les marées commencent un nouveau cycle. Le Cirque arrive en ville. Terre. Au loin, les mouettes se rapprochent. Tout ira bien. Il y a de la lumière au motel. Les mouettes ont le ventre plein.
Tout ira bien.




motelmurders