15/08/2001
art mécanik
hurle
motels murder
xia

 

Sniper’s Alley
Bosnian blue Pantone 1992-1996.
The snow does fall on Sarajevo.

1st Bosnian landmine.


Sarajevo des troubles et des murs lépreux, perforés, Capajebo de la haine en boîte, oxydée, ville hybride, point de suture déchiré entre l’Orient et l’Occident, mine antipersonnelle comme une croix sur la route de la soie, comme un point rouge, comme la cible d’une mire sniper téléobjectif.

Sarajevo de la course, des sprinters de coins de rues et des jeux 1984 Big Brother, capitale internationale des balles perdues, mère des grandes guerres, victime de la fin d’un siècle télégénique, victime de la pause publicitaire, siège enneigé, trottoir rouge, course rapide cible exacte, sniper des synapses, subliminal precision killer, survival kit, triptyque terrible, peuple tricéphale décapité, siège de neige rouge, ville iconoclaste, défigurée, tremblante, entre la mort et la montagne, à mi-chemin entre le chef d’œuvre et la fin du monde. Tes mains sont des murs troués, tes yeux crevés ont trop vu. Deux ventricules à ton cœur stratégique, une mosquée explosée et une église bombardée. L’appel à la prière métissé avec les cloches et les hurlements des chiens. Sarajevo, la polygame, femme de trois religions, les jambes écartées au dessus du gouffre des continents, au dessus des fausses communes, communautaire, de la fausse information, de l’aide humanitaire, tu cours sous les mires aléatoires des francs-tireurs tridimensionnels, apatrides, parricides, ta langue est complexe, tranchée, ta bouche ouverte béate, sensuelle, prête à embrasser demain, ton regard parle d’espoir, tes enfants courent vers l’oubli comme on meurt sur Sniper’s Alley. Tout le monde court sur Sniper’s Alley, les Serbes, les Croates, les Musulmans, les prisonniers de guerre, les enfants, les crimes contre l’humanité, les casques bleus honteux, dépourvus, les rumeurs, la faim, les caméras, le marché noir, les carcasses d’autos brûlées, les brouettes de bois du cimetière, la peur, la peur iodée et les bons souliers. 3 peuples sous le même siège, sous la même neige, les épaules hautes, la tête rentrée, à la course, à la recherche d’eau sous une pluie de balles, le front comme une cible, au centre des téléobjectifs et de la mire exacte des canons haute précision. Les animaux du zoo comme des practice targets avant la mort à tous les coins de rues. Le parlement comme une pierre tombale sur la ville.

Sarajevo de la fin du monde, de l’oubli, parle-moi de demain. Ton siège de quatre ans est un crime de guerre planétaire. Permets-moi de mettre à La Haye, l’humanité entière, immobile, délatrice, collaboratrice. Tu es une tumeur à la face du monde. Parle-moi de tes façades maçonnées, du béton désarmé qui recouvre tes plaies de pierres, chasse les nuages camouflages, change de saison, prend l’ascenseur vers des jours meilleurs. Ici la mondialisation est bleue, elle court entre les balles des soldats de toutes les nations, entre les casques bleu sang qui sillonnent tes artères et tes rues comme des fantômes internationaux, qui traînent sur les lieux du crime, qui n’ont rien fait quand la neige de ton siège était rouge, pendant les viols, la famine et la fin du monde, qui attendaient les ordres, qui attendaient les renforts, le bon formulaire, l’appui international pour soulever la terre, qui regardaient ailleurs, qui attendaient le printemps sans rien faire, qui attendaient la mousson, la fin de l’émission.

SARAJEVO MESS – BLOOD BANK – SWIMMING POOL – ABATROS – WINTER – GALILEO – RED CRESCENT – HOLLYWOOD - CHILDREN’S EMBASSY – SOUVENIRS – DENTAL CLINIC – ATLANTIS – TAJ MAHAL – TNT – HOTELMOTEL

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