19/09/2001
art mécanik
hurle
motels murder
xia

 

Waterbed leak
Subliminal snipper.
4th Bosnian landmine.

Un homme à la mer.

Je change le monde pour ne pas avoir à changer les draps de mon lit monocellulaire. Je traverse l’océan de l’horreur en solitaire sur un matelas gonflable crinqué à même mes émotions de naufragé. J’habite un sofa, seul, en banlieue de la vérité. Mon amour soluté de soirée sprint et de spleen décolleté me présente le snipper de mes synapses comme un blind date de petites annonces. Homme anémique cherche Miss Univers pour amour infini et Big Bang. J’ai dans le cœur ouvert 24 heures, les bordels de soldats où l’on parle fort et où l’on pleure en privé parce qu’on a payé. Mon cœur est un aquarium vide. Les putains tiers-mondistes sont des prix Nobel de la paix et du courage maternel. La solitude est une guerre civile. On ne peut gagner seul. Alors je m’enrôle, j’embarque sur les bateaux fantômes des causes perdues, je traverse l’océan de mes petites peurs, j’espère pour d’autres au lieu d’être l’unique abonné au téléthon pathétique de mes nuits monoplaces. Je donne mon cœur comme un organe de rechange à un organisme humanitaire. Je regarde le monde en face, défiguré, je traverse la mer rouge de misère, j’engrange pour l’hiver, je m’indigne, je crie pour d’autres, pour les muets mondiaux. J’apprend les langues mortes pour ne pas prendre mon propre pouls. Sur l’artère de mon indignation, mes doigts ne sont pas propres.

Mais lorsque sur mon île déserte, les paquebots tendres s’échoueront, mes mots s’adouciront peut-être. Mais ils ne cesseront jamais de viser le métal tordu, l’homme froid et ses canons.

Les femmes et les enfants d’abord.

Je ne serai jamais un lézard de sofa. Je suis un démineur personnel.


 

I live, you live he lives, she’s raped, we live, you live, they die.
UN peace prostitute, what happened in Srebrenica?

 


motelmurders