24/10/2001
art mécanik
hurle
motels murder
xia

 

Srebrenica
Fotografija br 0304
9th Bosnian landmine - 1st nightmare

Je suis le bleu des affiches délavées.
Je suis le bleu bosniaque, le bleu de la peur, des cadavres, du sang sans oxygène, sans
espoir, le bleu des casques, du mensonge laissé au soleil et de l’encre des formulaires.
Le bleu des cadavres.
Le bleu de la mort.

Le bout du monde c’est ici. Là où la terre s’arrête et où commence la mort, c’est ici. C’est chez moi. Au cœur du néant. Dans l’antre du monstre. Le vide noir. Srebrenica. C’est ici que vivent les bêtes, les trous de mémoire, de balles, les trous noirs, le froid des pierres et des regards. Les monstres sont cachés quelque part, aux frontières de la vie, derrière ces yeux, dans la peau qui travaille, qui sue comme celle de chacun. Le monstre dort en chacun de nous. Le silence. Ville fantôme, cimetière d’éléphants humbles et sans sépulture, cimetière de la mémoire délavée. Rien ne bouge. Tout travail à l’oubli. Sauf les morts. Qui rodent. Sauf les remords. Sauf les murs lépreux, calcinés, noirs de honte. Et les balles encore encastrées, et les autos immolées, rouillées, tranchantes, Molotov. Un trou de balle, un trou de mémoire. Un trou dans la terre pour y mettre les cadavres sans nom. Un trou dans la nuque pour y planter la haine et qu’elle pousse dans les prochaines générations. Des générations qui sauront haïr. Qui feront tout pour manger les lions.

DO NOT WIPE BLADE.

 


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