6/02/2002
art mécanik
hurle
motels murder
xia

 

LES VERS À SOIE
01- No more gravity allowed.

Première rizière rouge.
Je ne pourrais pas dire que je vis si je ne voyais le soleil se lever qu’à la télé. Si je ne m’étais jamais trompé. Je n’ai qu’une balle au fusil, elle est déjà partie et je ne fixerai pas sa trajectoire de 9 à 5 tout compris payable par carte de crédit. Il n’y a qu’une route de la soie. Je n’ai qu’une vie. Je ne la passerai pas à attendre, à espérer. Je passe au travers ma peur comme au travers d’un rideau de douche. Mais la terre n’est pas carrée et j’ai la liberté d’être mon propre messie ou ma propre croix. J’ouvre les eaux et je sors du désert d’Égypte. Je finis la grande marche, 1934 de mes jours sombres, 8000 km d’introspection, de rééducation, de petits camps de travail forcé et privé, un an dans les Laogaïs, les goulags du cœur, un an d’autocritique, les genoux dans la vitre des amours saccagés. La grande marche dans les montagnes de mes synapses dérangées. Sur mes 90 000 personnalités, seul 20 000 ont vu le bout de l’escalier. Je suis maintenant en caravane monoplace, je cherche les vers à soie en moi. Peine de mort pour qui dévoile le secret des fibres de mon bonheur. Puisse le poisson rouge du Hi-King guider ma dérive de sable, puisse le dragon fendre les nuages et faire la pluie sur les terres arides, puisse la neige être blanche. Je m’en mets plein les yeux. Je me parfume de dune. Je n’ai qu’une vie, je n’attendrai pas la fin de la pluie pour sortir, je vois même la nuit. Je serai au chaud avant la fin de l’hiver. Je ne veux pas rester sur place lorsque je sens tourner si vite la terre. I kiss the silkworm.

KTV KISS

 


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