18/09/2002
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LA CENSURE DES CIRQUES
32- Il n’y a qu’un cirque en Chine, celui du parti communiste. Les bureaucrates y sont acrobates


Peuple sans cirque, sans couleur, enfant des terres en démolition où l’on chante en suivant les paroles de la télé karaoke, en suivant la dernière balle, où l’on marche au pas suivant le mouvement des drapeaux et le souffle des travaux. Champs de poussière avec un seul fuseau horaire, tu n’as plus les pieds bandés, mais la parole, la pensé. Tu n’as plus de cité interdite, mais sans visa, le monde t’es interdit. Le froid de Beijing donne le regard chirurgical, le froid des lignes du Parti donne la mémoire arsenic, le froid des cheminées donne le blanc des masques, des vapeurs et des hôpitaux pulmonaires. Et les mots de trop au mauvais moments sont des billets perpétuels pour le froid des camps.

Je suis seul, entouré du quart de la planète, à ne pas comprendre le menu.

Peuple sans cirque avec un seul enfant et des lois. Terre sans temple, sans littérature, sans souvenirs, sans choix. Libération des marchés avec 30 000 000 de prisonniers affamés dans les Laogaïs frigorifiés. Génération karaoke et cité dortoirs, HLM et OKTV, avec des rues vers le ciel, verticales, mille Babel débordées, mille Ararat par mètre carré, inondés, sortie de secours et extincteur de fumée, empire du milieu coincé entre la foule et les idéaux, entre les édifices et le désert, entre les tanks et les étudiants, entre le capitalisme et les camps.

Peuple sans cirque, sans couleur sauf le rouge dazibao, le rouge du livre de Mao, le rouge du sang des salles froides ammoniaques, les salles du froid, de la torture et de la vérité. Le rouge de la honte et de la hiérarchie.

Marteau piqueur vers le futur avec des buildings comme fusées, peuple cordé au regard brillant, porte vers le 21ème siècle, time machine non négligeable, tu parles de demain, tu t’empiles dans les cités dortoir comme un somnifère une nuit de cauchemar prémonitoire.
Culture à l’abattoir, civilisation lavé à zéro, rinçage à l’eau froide, prête pour le sprint, le marathon de l’argent, miroir brisé, rééduqués, terre rouge au chemin de fer prolétaire, une classe et beaucoup d’amis, beaucoup de contact, de Guanxi, génération nucléaire, prête sur l’heure, triade planétaire discrète et infiltrée, you are tacking over.

Regarde-moi dans les yeux, je suis demain.

Méga time bomb, alibi au rêve du peuple avec les camps comme révolte avec la révolution culturelle comme serial killer à l’échelle nationale, à l’échelle idéologique avec la délation comme un cancer rampant. Avec les camps.
Peuple sans cirque, castreur d’Opéra, violeur de rivières, tes larmes jaunes forment un barrage dans mes trois gorges. Ouvrez les camps.

OUVREZ LES LAOGAÏS.

 


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