27/11/2002
art mécanik
hurle
motel murders
xia

 


EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

1er partie / Chapitre 5

L’univers
    Est une équation chimique.

Je fais des rêves inavouables. Des rêves qui me parlent de la fin du monde, qui font de mes nuits des trous noirs. Qui me parle de l’instant de solitude qui a précédé le Big Bang. Des milliers de rêves. J’ai rêvé le commencement des temps. On dit qu’avant le Big Bang, l’univers n’était pas plus gros que le bout d’une aiguille. Dans mon rêve, Dieu se tenait là, avec le bout de l’aiguille qui contenait l’univers dans le coude, malentendant, mal aimé, seul. Avec dans la main, un calibre 33. Je le vois qui monte le canon vers sa tempe, qui me regarde au ralentit, avant que le temps n’existe, l’aiguille vide dans le bras, je le vois qui me regarde et qui appuie sur la détente. L’univers explose big bang dans le rouge des chambres noires, des publicités Red light district. Puis après le big bang, l’univers se forme, les galaxies, les nébuleuses, les super novas, les dinosaures, les ères glacières, l’âge de pierre et les âges d’or, les super stars qui ont le mal de vivre, qui veulent créer, qui veulent être le centre de l’univers, le rêve qui recommence, les stars qui se plantent une aiguille dans le coude, qui me regardent, qui se mettent un canon dans la bouche pour répondre à la bouche de mes canons, et l’univers qui éclate encore une fois et tout qui recommence, les galaxies, l’algue bleue, l’herbe bleue, le bleu des yeux d’un Dieu Hébreu, le poisson qui sort l’eau, l’invention du feu, de la roue, de la solitude, encore, des télescopes, de la relativité, de la théorie des cordes, la corde au coup des grands inventeurs, les bombes des grands inventeurs, et l’univers qui explose encore et encore et encore jusqu’à ce que mon lit devienne une rizière inondée de sueur, que mes draps soient des boas, que mon oreiller soit en sable mouvant et que ma chambre soit un trou noir si froid que même les électrons les plus courageux aient envie de se coller contre un atome, si froid que même les rêveurs les plus endurcis aient envie de se coller contre le corps céleste d’une femme. Et tout qui recommence. Et moi qui me réveille en sursaut au son d’un autre coup de feu, qui me réveille dans le noir de ma chambre qui n’est pas un trou noir, je m’en aperçois lorsque j’allume la lumière en panique. Mes draps humides m’asphyxient comme une corde au coup, comme un boa froid qui manque d’amour. La panique. Je me réveille souvent comme ça. Vidé, comme avalé par un aspirateur, comme avorté.

La lumière est allumé. J’ai le cœur sale. Je regarde le voilier dans le blanc des vagues du cadre et j’attends le levé du soleil. J’ai peur. Je cherche dans ma pharmacie une nouvelle boîte de somnifère, j’ouvre la boîte, et je m’assomme de pilules. Je ne suis qu’une équation chimique. Elle n’ont plus le même effet qu’avant. Et les rêves recommencent, mais je suis trop médicamenté pour m’en souvenir le lendemain.

Le voilier continue de voguer dans son paysage de velours, malgré le fait que je referme la lumière pour attendre la fin des temps.

En haut de la réception, deux vieux hors d’âge font semblant de dormir. À l’autre extrémité du motel, un enfant garde les yeux ouvert. Il sert son oreiller en plume en attendant le pire. Il est complètement blanc dans le noir. À quelque portes de là, une femme de ménage a ses jambes superbes ouvertes, les doigts bien enfouis dans son sexe ruisselant. Ses seins sont comme des étoiles qui rêvent d’éclater, une de ses mains s’y dirige, son sexe est la voie lacté qui coule, son plaisir coule entre ses fesses, de ses lèvres, elle enfonce encore les doigts tout en serrant son mamelon, en levant le bassin. Elle se tourne sur le ventre, offrant ses fesses humides à l’univers, elle gémit le visage dans l’oreiller, les seins se caressant lentement sur les draps. Lorsqu’elle jouit tout l’amour qu’elle a de trop vient se cogner entre ses jambes, et l’océan doux lui coule sur les doigts. Son clitoris mérite un monument. Elle mort son oreiller en s’abandonnant dans les bras de l’humanité. Son orgasme amène la pluie. Qui clapote sur le toit des autos du parking. Elle s’endormira, humide. Au loin, un homme nu plonge du pont d’un pétrolier dans le noir de l’océan. Et les mouettes rentrent leur tête sous leurs plumes pour se protéger de l’orage qui s’annonce.

I AM NOT RESPONSIBLE FOR LOST BULLETS
THE UNIVERSE DIES IN MY
NEEDLE
And i am needless

 


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