05/02/2003
art mécanik
hurle
motel murders
xia

 


EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

2ème partie / Chapitre 3

La table du souper
    Avec du vin et des amis c’est le paradis spontané.

Je me suis réveillé quand le soleil redescendait de son high émotif, rouge encore, comme un patient gêné de ne pas prendre ses pilules. Il était honteux, le soleil, d’avoir été heureux. Saül, la page blanche d’innocence m’attendait. Lorsqu’il m’a vu remuer, il m’a pris par la main et m’a déscotché de la toile multicolore en pétrole raffinée qui servait de barque à mon sommeil sans rêve. Je lui ai dit d’attendre. Je me suis frotté le visage calfeutré et analgésique. J’étais encore fatigué. J’ai regardé un peu le soleil s’expliquer, justifier ses traces de rouge à lèvre sur le col à chemises des nuages et dans le cou des vagues indifférentes et immunisées. Le rouge a lèvre sur les nuage est beau, c’est un cliché heureux. Les cargos immobiles se découpaient à contre jours et à contre emploi. Les mouettes jouaient aux voiliers trois mats avec le vent et des voiliers trois mats rentraient à la maison comme des oies à la tombée de l’automne qui prennent des vacances dans le sud. Les vacances dans le sud devraient être prescrites par le ministère de la santé mentale. Mais les compagnies pharmaceutiques s’empresseraient immédiatement de faire un embargo. Pas bon le bonheur simple pour les ventes d’antidépresseurs. Face à l’insistance de la petite main sans pigment, je me suis levé. Je me suis rincé dans les vagues. Je suis une grosse pilule dans la gorge salée du soleil.

Kaïn avait installé une table avec quatre chaises. Une nappe carreaux rouges, une salière et une poivrière. Quatre assiettes, quatre chaises dont une avec deux bottins dessus. Tout ça sur le perron devant ma chambre. C’est moi qui reçois ce soir, me dit-il. Et il m’a servit un autre verre de mescal sur glace.



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