26/03/2003
art mécanik
hurle
motel murders
xia

 

 

Publi-reportage
4ÈME CARTE POSTALE DES TOWNSHIPS.

L’enfant mouche
Un grain de sable dans un sablier sans loi de gravité.

L’enfant mouche marche depuis toujours. Jusqu’à jamais. Son ombre parle du sable qui coule dans les calendriers des autres, qui change le monde des autres. La poussière sur ses pieds d’ébène parle de la technologie des autres, des vaccins, des satellites de télécommunication, des sites 3x, des stars porno et du chlore dans les piscines des autres. Des rêves d’étoiles mêmes et du grand pas sur la lune. Le pas d’un autre. La poussière et l’ombre chuchotent pour que l’enfant mouche n’entende pas. Pour lui, le temps recule. Son peuple n’a plus la dignité des rois nus pieds. Son peuple ne parle plus aux animaux. Plus personne n’implore la pluie, plus personne ne connaît les légendes et les milles mots qu’on ne dit que la nuit. Plus personne ne chante avec la rivière. La rivière a été asséchée. Les arbres rapetissent et les enfants les couperont pour faire brûler les derniers feux d’un peuple trop vieux. Les enfants ne parlent plus la langue des animaux, ni celle des baobabs et des acacias. Les enfants parlent la langue des autres et personne ne se comprend. Tous rêvent de calendriers, de vaccins et de blondes aux seins 2-D.

Mais l’enfant mouche, lui, ne sait pas. Il marche à reculons.
Il va chercher l’eau.


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