16/07/2003
art mécanik
hurle
motel murders
xia

 


Body Hunter.

   

Love me not only when I’m free.

25h43

Je suis désolé.
Je ne ferai pas de mes gestes et de mes caresses un pouvoir d’achat préfabriqué. Mes mots sont intimes et leurs nuances ne seront pas à préassembler. Je ne suis pas une maison mobile. Je garderai mon envie d’aimer comme une raison de vivre, non pas comme un produit plastique recyclé. Je ne suis pas un producteur de promesses trouées, je ne suis pas propriétaire d’un lit commercial, donnez une chance au staff. Je garde ma tendresse au creux de ma main comme un petit océan de sueur potable.

Je saurai attendre.

Je saurai élever des barricades contre l’amour supermarché. Radio-Londres des murmures amoureux a encore une place dans mes mots doux. Je ne sais pas aimer de manière télégénique, et je n’apprendrai pas le jargon de l’emploi. Mon univers ne sera pas lubrifié, mon regard ne sera pas ultra-thin nervurée, je resterai indécent de naïveté.

Parle-moi encore de ta maladresse.
Oublie le cadran et reste avec moi.
Fais-moi croire à l’éternité
donne-moi la chance de me tromper, de bafouer.

Il est facile de mettre ma main au broyeur 3 vitesses. Il est facile de mettre ma langue dans la brise 9 volts, de mettre mes lèvres sur le métal froid 25 degrés sous 0, de mettre mes yeux sous tes seins 36-24-36, de mettre ma violence dans ton sang AB et mon manque d’amour propre sur ta peau sueur PH 7. Ta sueur est un monde. Ton corps est un royaume. Ton amour est un univers infini à la vitesse de la lumière. Je resterai seul. J’aurai le cœur à tête chercheuse, je suis l’Uranium Appauvrie de ne pas avoir l’amour Interact et j’irradierai l’absence au lieu de l’ennui. Je sais. Je ne suis pas un body hunter, mon lit n’est pas une fosse commune. Mon oreiller n’est pas un panneau publicitaire. Ce qui te rend heureuse, ce qui te rend humide ne sera pas en spéciale, vente de stock, déménagé, mauvais numéro ouverture bientôt.

La rue me montre sa vitrine décolletée déconnectée, madam boom boom, collect call, moi c’est Philippe, toi c’est n’importe quoi, viens chez moi, toi tu n’existe pas, viens en moi, je suis autosuffisant, autoproclamé, impotent, impuissant, impersonnalisé.

Mon miroir me présente un caméléon color blind qui s’ajuste et qui s’adapte, qui boit le Gange, qui change comme un junkie, qui charme la tendresse comme un pusher en manque. Je suis seul dans un bottin avec des étoiles à côté des noms. Je suis ergonomique, aérodynamique, hermaphrodite, homéopathique, un de plus, un chiffre, une note, un vote, take a number, le 6 avec la barre ne dessous, le numéro extra, buy one get one free, I am alone, love me. Mon amour est maladroit. Il a les mains moites de la gêne, le regard qui rougit et le sourire honnête.

Je ne suis pas un commis voyageur, vendeur d’amour aspirateur. Mon lit n’est pas une fosse commune.

Je veux croire à demain et au jour qui suit demain. Je veux faire des compromis. Je crois en toi. Sois l’amour de ma vie. Habite dans mon lit. Fais ta maison dans mes émotions. Je ne suis pas une fosse commune. Aime-moi.

Un grain de sable dans l’œil fait de mes paupières une huître d’où sort des perles.



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