17/09/2003
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

Chapitre 3 / 7ème partie

Les voisins d’insomnies
    No airbags in my car crash

Dans la chambre 8, Kaïn se tord les boyaux. Les larmes lui viennent aux yeux. Il n’avait jamais pleuré avant que sa douce, son char volé l’ait quitté pour la mort, pour un autre 18 roues. Le paradis est une autoroute, où elle roule sans lui. La douleur vient le broyer après chaque repas. Les petits morceaux qu’il découpe lentement lui arrachent les entrailles. Comme les broyeurs des ferrailleurs, il est compacté de l’intérieur. Ce ne serait pas si grave, s’il n’y avait pas la rouille qui s’installait dans ses yeux.

Pourquoi faut-il que le seul amour que j’ai connu soit au passé ? Pourquoi personne ne m’a averti de la beauté que j’avais entre les gants ? Pourquoi l’amour n’est-il clair que lorsqu’on perd ? Pourquoi je ne sais pas comment vivre ? Dans ma prochaine vie, je serai une intersection quatre voies, toutes les autos, les bus, les 18 roues me passeront dessus. Construction ahead, speed limit 120 heart beat a minute. J’ai mal aux boyaux. Ok, les phares brouillards n’éclairent pas les brumes de mes entrailles, ok. La vitre me coupe en deux comme la ligne pointillée en face du motel. Ok. Mais vivre sans elle ? Consoler les autres est toujours plus facile que se pardonner. Entretenir le gazon des autres est plus payant que verdir son coin de douleur. Lawnmowers are serial killers. Redonner goût à la vie à quelqu’un d’autre, un étranger en plus, est un tournant plus facile à prendre que de regarder la honte dans un rétroviseur et reprendre le volant soi-même. On ne se remet pas d’un face à face comme ça. Me regarder dans le miroir est un Hit and Run. J’ai peur de vivre longtemps. J’ai la trace d’un pneu d’hiver sur le visage, dans mes rêves d’enfer. Je m’enroule comme un pneu crevé dans les draps trop doux de mon lit supermarché. Je respire l’air comprimé d’un vieux coussin gonflable. Ma vie est un vieux coussin gonflable crevé. Je me méprise. J’ai chié du sang pour souper. Je m’ennuie d’elle. Je m’ennuie tellement… J’ai peur de vivre longtemps. Je devrais me faire frapper. Let there be no airbags in my car crash please.

Ma pelouse est ma prison
Blow horn please
VIDANGE EXPRESS

 


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