15/10/2003
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

Chapitre 4 / 3ème partie

Le comptoir de la réception
    Dream now, pay later.

- Il est 10h et quart, Madame.
- Bien voilà. Il n’est plus 9h, Monsieur. Ce qui veut dire que vous devez payer la journée. Check out time 10 o’clock. C’est comme ça. Quand l’heure de la mort arrive, on paye, c’est tout.
- Merde, je veux partir.
- Rien ne vous retient, Monsieur.
- Mais je vais devoir payer la journée d’aujourd’hui.
-

Voilà quelqu’un qui a compris rapidement.


Nous étions rentré avec le brancard. Paloma avait rempli les formalités et s’était vu attribuée la chambre 2. Ensuite, j’ai voulu régler, m’en aller, disparaitre, mais la vieille jumelle voulait fermement que je paye une journée de plus, j’avais dépassé l’heure du départ des chambres.

  - 15 minutes, Madame. Je suis resté pour aider la dame de la chambre 2. J’ai porté ses valises.
  - Le temps est impersonnel, Monsieur. J’en sais quelque chose. Vous devez payer la journée.
  - Et puis merde.
  - Je vous prie de surveiller votre langage.

Je suis sorti en décapitant ma rage avec la porte guillotine. J’ai accepté de rester un peu trop facilement. Beware. Cuidado. Attention. Les bonheurs de motels sont des fruits qui se gâtent après la saison. Je suis quand même retourné à ma chambre. Paloma était couchée dans une chaise longue, devant sa porte. Un immense chapeau sur le visage. Le corps comme une momie. Les épaules larges. Un martini olive à côté d’elle. Un perroquet arc-en-ciel montait bruyamment la garde, perché sur un perchoir d’ébène. Sa surenchère multicolore me donna envie de parler avec l’albinos de service. Saül n’était toujours pas apparu. J’ai fait le tour, je me suis renseigné, personne ne l’avait vu. C’était une bonne raison pour rester une nuit de plus. Le voilier dans son cadre semblait perdu. Moi aussi.

 


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