26/11/2003
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

Chapitre 4 / 8ème partie

La douceur Fleecy des draps.
    L’univers est un corps féminin.

Je me suis endormi dans des déserts somnifères avec l’habitude des prescriptions. La tête me bourdonnait de ces gens que j’apprenais à aimer. Je me suis endormi en me disant qu’il y avait peut-être là, une solution au bonheur. Du sable dans les orteils et des amitiés de bouteilles… J’ai fait des rêves ronflant comme les vagues.

Puis elle est entrée silencieusement dans mon sommeil à marée haute. Wendy. L’odeur douce de lavande m’a réveillée. Elle a fermé la porte sur la pénombre, dans le reflet du follow spot qui éclairait la plage. Comme une galaxie de sensualité qui me regarde. Avec des yeux à faire danser les aurores boréales. Ses hanches voguaient comme des nébuleuses alors qu’elle détachait son tablier. Elle me regardait sans malice, vulnérable, de ses yeux maladroits. De ses seins miraculeux. De ses lèvres humides. Elle déboutonnait sa blouse blanche avec pudeur, avec silence. Elle l’a laissé tombé par terre et a ensuite dégrafé son soutien gorge. En me regardant. Simplement. J’ai explosé. Ses seins sont une promesse de paix.

Elle s’est couchée sur moi comme un coucher de terre vu de la lune. Et ça, c’est beau.

Nous nous sommes embrassés. Je buvais ses lèvres, les yeux saouls, les mains hésitantes, vagabondes. J’avais envi de pleurer. Son corps en expansion m’engouffrait comme la mer et recouvrait 70 % de mon manque affectif. Ses fesses sont des Atlantides douces, des El Dorado cutanée. Avec bonheur, je me suis noyé dans sa peau. Dans sa bouche. Dans sa générosité. J’étais asséché.

Elle a ôté sa petite culotte. En silence. Ancré dans mes yeux. Et je suis mort mille fois.

Je n’avais pas été embrassé depuis des millénaires. J’ai fait glisser sa robe de ses hanches et elle s’est retrouvée nue, sur moi, à faire fondre l’hiver nucléaire de mon manque d’amour, de ma carence affective.

Wendy. Miss Univers. Le déluge de te voir nue.

Miss Univers. Tes mains qui farfouillent mes cheveux. Tes lèvres dans mon cou. Ma langue qui redessine tes seins, qui se glisse sur la peau lisse de ton ventre, le lac pur de ton nombril, mon sexe sur tes aréoles, la fin de la saison sèche. Mes lèvres qui ouvrent ta vulve, l’odeur de champs fertiles, tes gémissements, l’amour qui se titille du bout de la langue, qui coule de ton corps, entre tes jambes, entre tes cuisses, jusqu’à tes fesses, toi qui m’attire sur toi, ta bouche qui englobe mon gland, l’univers qui explose. Le souffle. La mousson. Mon visage ruisselant. Ma sortie de secours.

Miss Univers. Toi que j’aime d’amour immortel pour une nuit. Wendy. Mon sexe qui glisse entre le ciel ouvert de tes seins cumulus. Ta langue qui navigue sur mon gland diamant. Ta main entre mes jambes, Miss Univers, tes mamelons supernova tendues vers moi, tes jambes offertes, algues de peau, chant de sirène doux, Miss Univers, ta main qui se glisse dans ton humidité lorsque tu embrasses mon sexe, la gourmandise, les gémissements, le paradis humide de tes hanches qui m’invite, où je me loge, tes ongles dans mon dos, ton dos qui se cambre, tes jambes qui s’ouvrent, le ciel qui éclate, l’orage d’or, moi qui va entre tes lèvres, partout, toi qui irrigue les déserts de mes rêves somnifères, moi qui bois la vie de ton cul, toi qui nourris mes monstres inconscients, le Loch Ness de mes phantasmes latents, toi qui sait m’embrasser, moi qui aime t’embrasser, qui sillonne ton ventre, ton vagin comme un champ déminé, ma langue en sécurité dans ta tranchée, le plaisir qui siffle, mon sexe dans les profondeurs de ta gorge, mes mains, citoyenne du pli à l’orée de tes jambes, mes doigts, qui caresse, qui rendent fou, tes doigts, qui reversent, qui me rendent fou, tes seins, qui ondulent sous mon ventre, ton orgasme dans ma bouche, mon orgasme dans ta bouche, le bonheur de te serrer dans mes bras. Le divin de t’avoir à côté de moi.

L’univers est nue dans mon lit.

La marée qui monte encore comme une provocation galactique. Les draps comme des voiles heureuses. Ton corps alchimique qui redonne vie aux fossiles. Tes paupières Carbone 14. Ton regard archéologique qui replonge en moi, tes souhaits doux, tes murmures. La douceur mégaphone de tes gémissements, mes oreilles avides. Les continents de tes fesses que tu me montres quand tu te mets à genoux, le visage dans l’oreiller, ton sexe que tu m’offre comme de la vie sur Vénus, ton mont de Vénus, les continents mouillés de tes fesses, ton dos cambré en sueur, qui invite mes mains cannibales sur les planètes habitées de tes seins, mon sexe qui entre en toi, ton sexe qui l’irrigue, tes fesses qui me regardent, la voie lactée qui sort de mon corps, je jouis.

La marée qui remonte encore une fois. Toi qui la diriges comme la lune. Encore tu recommences. Tu me couches sur toi, tu te couches sur moi, tes seins sur ma poitrine lorsque je retourne en toi, tes mamelons qui vont et qui viennent doucement, aiguilles sensuelles du séismographe qui lit le tremblement de terre que tu graves en moi, tes yeux télescopes plantés au profond de mon cœur, ta bouche qui m’abreuve, la terre qui cesse de tourner, toi qui va plus vite, qui respire, qui te caresse, mes yeux télescopes aux frontières de ton univers, la commissure de tes cuisses entre les miennes, tes doigts qui butinent entre nos sexes, ton corps qui va et qui vient, mes mains qui apprivoisent le bas de ton dos, tes mains qui me prennent le cou, ta bouche dans ma bouche, tes yeux qui se ferment, ton corps qui se redresse comme tu jouis sur moi, comme je jouis en toi.

La sueur. La douce odeur. Nos corps immobiles un dans l’autre. Nos peaux qui se boivent. Nos cœurs qui correspondent, le morse de leur langage codé. Tu me fais du bien.

Il y a d’autres vies dans la galaxie.

Nous sommes là, comme deux naufragés sur le radeau confortable de mon lit. Ma chambre n’a plus de mur. Mon matelas vogue sous les étoiles, sur la mer calme que tu sais appeler. Je m’accroche à toi comme à une chimère. Ton corps est un réconfort digne des paradis psychotropiques. Une nuit avec toi est un rêve de tropique.

L’éternité est courte lorsqu’on est deux.

  - Tu pars demain ?
  - Je crois, oui.
  - Où veux-tu aller ?
  - Je ne sais pas.
  - Qu’est-ce que tu cherches.
  - Je ne sais pas.
  - ...
  - ...
  - Je fais rarement deux fois la chambre d’un client.
  - Kaïn m’a dit.
  - Kaïn a mis la vignette Do not disturb. Il ne veut plus aimer d’autres femmes.
  - Je sais.
  - C’est triste.
  - Très. Je crois que je vais rester.
  - J’aimerais ça.
  - ...
  - ...

Je me suis endormi.

Un peu plus tard, dans mes rêves maculés de son corps, j’ai ouvert les yeux. Elle était là. Nue sous son tablier. Dos à moi. Une planche à repasser était dressée. Elle repassait les billets de banques de mon portefeuille. J’ai refermé les yeux.

Cette nuit-là, le bonheur avait des fesses dans les pupilles.

Feed my cannibal hands.



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