21/01/2004
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

Chapitre 5 / 4ème partie.

Room 666
    A / C legs Open/closed/open/closed

Le soleil est resté dehors. Les yeux éblouis, elle aperçoit mal la chambre. Un lit en cœur rouge velours cheap. Des miroirs au plafond. Une grosse TV. Il l’allume. Une femme se fait enculer, un autre pénis dans la bouche. Éclairage vidéo. Boutons sur les fesses. Manque d’air. Un bleu à l’intérieur de la cuisse. La bouche grand ouverte, la stupéfaction dans les yeux. Le taureau décroche le miroir au-dessus de la commode. Il est nerveux. Met le fusil du coffre à gant sous l’oreiller. Bouche les fenêtres en noir avec des journaux poisseux et du ruban adhésif. C’est toujours la nuit avec lui. C’est le party baby. Montage serré. Violence. Sur le miroir, la poudre à bébé. En forme de cœur le miroir. Comme le lit. Comme la honte. En forme de plaie, la neige. Elle a mal au cœur. Mais le silence est une insomnie. Son anneau lui brûle le doigt.

De motel en motel depuis une semaine. De motel en motel comme un collier de perles promis mais jamais finit. Pose pas de question. Oui je t’aime. Maintenant, donne-moi un billet de cent. Pas un de la valise épaisse. Comment ça, il n’y en a plus dans le portefeuille? Alors un de la valise épaisse. Oui, je t’aime. Like a bull. Comme un taureau.

Elle entre dans douche. Pour se laver, pour pleurer sans bruit. La vie est un viol maybe.

Une serviette autour du corps. Le taureau ne la regarde pas. Tu en veux ? Je ne veux pas de poudre à bébé, je veux des bébés. Et la femme qui suce à la télé qui se fait éjaculer sur sa bouche usée, sur son dos de bête de somme. Double cum shot. Allez, juste une ligne. Non merci. Tu veux des bébés ? Je vais t’en faire, moi, des bébés. Il lui arrache la serviette, l’embrasse comme un rouleau compresseur. Ses seins jeunes malaxés par des mains violentes, passés au broyeur. Et son anneau à lui qui lui entre dans le sexe sans prudence alors qu’une nouvelle scène commence à la télé. Now love me, blow me, give me some blow. Son sexe qui squat sa bouche. Elle veut mordre. Mais la honte, alors elle ouvre la bouche. Et ferme les yeux. Il se tortille. Like a bull.

Il l’abat sur le lit. Timber. Sa tête qui accroche le canon calibre 33 noir et froid sous l’oreiller. Bull la retourne. Pas de chance qu’il lui fasse des bébés, il se trompe d’orifice. Et c’est elle qui est dans la télé. C’est elle qui a le poil épilé qui repousse sous les lampes d’appoints video Cam. C’est elle qu’il encule. Qui mord l’oreiller. Tu aimes ça, cochonne. Son sexe marteau piqueur qui lui éclate les fondations. Comes and goes. Like a fucking bull. Like a fucking bull. Barely legal. 18 ans à peine. L’âge des illusions défoncées. De l’envie de rêver, de fuir, des coups de tête. Il lui achèterait un collier de perles. Une maison. Un collier de perles. Un prêtre banquier avec tatous et cheveux graisseux. Sourire en or, regard lustré, eau de Cologne et muscles bubble gum. White wedding. Hit and run. And now, back door love. Il gémit avec odeur, avec horreur. Elle pleure encore sans s’en rendre compte. Le calibre 33 qui sort de l’oreiller. Sa main qui va le prendre. Et les idées. Les idées. Newly wed. Poudre de riz et confettis. No romance, just violence. Motel à motel comme un collier volé. Comes and goes. White rose in the nose. Comes and goes. Toujours plus loin. Toujours plus profond. Les fesses écartées. T’est belle, t’es tellement belle. You are so fucking hot. Et lui qui ris. Et lui qui gémit. Et lui qui jouit. Et le fusil qui reste sur le lit. Et le sperme qui coule sans bruit. Et les idées qu’on enfouit.

Retour au miroir.

Le fusil froid qui reste sous l’oreiller. Et la télé qui continue de crier.

 


motelmurders

 

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