25/02/2004
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

Chapitre 5 / 9ème partie.

Le miroir en cœur.
    Sept ans de malheur.

La douleur est un réveil qui hurle. Il sort du coma, de son sommeil sans rêve et sans trêve. Sans tendresse. Se voit nu, ensanglanté, cadré par le miroir en haut du lit. Comme dans un cœur vide en vitre. C’est lui dans le miroir. Lui, qui a été aspiré par la paille d’un cent dollar. Il est blanc comme du ciment. Blanc comme de la poudre. Laid. La télé crie des gémissements préfabriqués décibel petroleum lub défoncés ultra-thin nervuré. Se lève. Vomit sur les draps roses sang de lâche. Le fantôme de son doigt bat comme du fer rouge. La chambre est ronde, les murs sont gélatineux et les planchers sont mous. La terre tourne. Il glisse. Sa tête éclate contre le sol. Le tapis poisseux lui râpe la lèvre, sa face colle dans le sang qui coagule plus vite que l’humiliation. Rampe. Cherche ses vêtements. Ne trouve que sa robe à elle. Tachée de sang brun. Humide. Cherche les valises. Rien. Alors, il comprend. Il comprend. Il appelle à l’aide. L’appelle, elle. Crie son nom. Crie au loup, au voleur. Il commence à pleurer. Ses tatous veulent s’effacer. La peur. Et l’enfant battu derrière ses yeux mouillés. Il reste nu, en boule, dans son sang, dans son vomi alcoolisé et la pisse de sa peur. Enroulé sur lui-même comme un billet de cent. Il l’appelle comme on appelle sa mère. Maria Magdalena. Maria Magdalena. Mama. Noir.

Le tapis huileux pétrole rouge coagule. Ses yeux collés, enflés qui essayent de s’ouvrir. Se lève. Le plancher est ondulé. Enroule sa main dans le voile blanc transparent de la mariée. Lui, le violeur de mariée. Cherche quelque chose à se mettre sur le dos. Rien. Enfile la robe. Eunuque digital. Le doigt qu’il aimait enfoncer dans le cul des filles légitime ou non, mineur ou non, il a fondu. Comme un pop sicle globuleux. Ne reste qu’un billet de cent enroulé sur lui-même. Avale du whisky de motard, de la pisse de homard. S’en verse sur le doigt. Crie. Il manque de s’évanouir encore. Une nouvelle rasade. De l’alcool de lâche.

Il sort comme une momie, comme un mort vivant en jupon fleurie de sang. Il fait rouge dehors. Bulls’-eye hurle après la mer qui tangue, il chavire sur les chaises rondes du côté des portes des chambres. Le sable se mélange au sang. La robe comme un drapeau blanc dans les mains d’un traître.

Il hurle son nom.

Kaïn sort de sa chambre. Le regarde et ne bouge surtout pas.

  - Elle est où ?
  - Mieux qu’avec toi.
  - Quoi ?
  - J’ai dit mieux qu’avec toi.
  - Je vais te tuer.
  - Ok.

L’enrobé retourne dans sa chambre comme un gorille dans un minigolf. Comme une nouille trop cuite. Cherche sa porte de sortie sous l’oreiller du lit. Le fusil. Plus de fusil. Plus de biberon. Couillon.

Il ressort.

  - Elle est où ?
  - Dis-moi, couillon, si tu comptes sur tes doigts combien de fois lui as-tu dit « je t’aime » ?
  - Elle est où ?
  - Pointe-moi du doigt où tu voudrais qu’elle soit.
  - Je vais te tuer.
  - Bang ! En faisant un fusil avec tes doigts ? Elle est partie, motard de cuisine. Elle n’aimait peut-être pas ton vernis à ongle.
  - Elle est partie… Maria Magdalena ! Maria Magdalena ! Je vais te retrouver ! Je vais te tuer !

Noir. Il retombe dans le cadre de porte. Kaïn pousse ses jambes dans la chambre sans s’en formaliser. Avec un peu de rudesse. Ça lui donne des forces, Kaïn. Après un botté bien placé, il ferme la porte et retourne se coucher.

 


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