17/03/2004
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

Chapitre 5 / 10ème partie.

Annulaire
    Albino tenderness

Quelques heures plus tard, dans la nuit profonde, un homme en robe de marié tachée de sang se dirige vers son auto taureau. Sa main est enroulée dans un voile poisseux rouge sang de bœuf. Sa portière trop lourde se ferme comme un jugement. Une jeune femme se réveille dans les plumes aquatiques et mord son oreiller, le métal froid d’un fusil contre le coeur. Elle entend le skit-burn et ferme les yeux. Elle attend que l’auto lui passe dessus. Skit burn, show de boucane, départ cascadeur, long travelling sur les mags de roues qui décollent, qui prennent l’autoroute en slalom mou vers le dead end. Adiós Bullshit. May your light bulb blow.

Elle reste seule. Saül la regarde se rendormir. Elle ne l’a pas vu. Il a travaillé toute la nuit, il a lavé le planché du restaurant. Une punition des vieillards sans dents. Il est rentré fatigué, et il y avait une perle dans l’huître ronde de son lit. Cette nuit, il dormira assit. Un petit oiseau est tombé du nid.

Dehors, il s’est mis à pleuvoir. Des jolies gouttes d’eau qui donnent la chair de poule aux vagues. Qui picorent le sable et qui camouflent les trous de crabes. Des grosses gouttes qui cachent le bruit des larmes et tranche la lumière dorée du lampadaire. La brume s’en mêle et cache les deux bouts de la plage de son voile de mariée. Elle camoufle le motel dans un nuage et cache les résidents dans un grenier à réfugié.

Wendy, patiente, a regardé l’homme en robe de mariée s’enfuir vers un autre motel.
Une autre semaine.
Un autre doigt.
Puis, elle entre dans la chambre 666 sans dire un mot. Elle éteint la télé. Elle commence le ménage. Éponge le sang, essuie le vomi, lave le miroir. Il n’y aura pas d’autre viol ce soir.

En dessous du lit, elle trouve un jonc en toc. Elle sort et le lance vers les nuages lourds de pluie. Une mouette insomniaque l’avale en plein vol. Wendy semble heureuse. Il n’y aura pas d’autre viol ce soir. Elle reste sous la pluie et se fait laver à son tour. Sa robe se colle sur son corps, ses cheveux se love dans son cou. Elle ferme les yeux.

Un doigt froid roule dans son porte poussière.

Il n’y aura pas d’autre viol ce soir.

 


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