31/03/2004
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

Chapitre 5 / 12ème partie.

Marée basse
    3rd degree kiss.

Les méduses ont avancé vers le motel. Elles ont touché le sable à l’instant où Maria Magdalena a ouvert les yeux sur l’horizon. Tout le monde s’est réveillé. Moi, de mon rêve de pieuvre dans les bras de Wendy que je serrais trop fort. Wendy, de sa galaxie de manque en expansion, Kaïn de son R.E.M/rpm de cour de scarp et de compacteur de moteurs fendus. Les vieux jumeaux dans leur odeur, ne s’étaient même pas endormis.

Saül non plus. Il regardait la perle dans son lit, l’oiseau tombée du nid. Il savait quoi faire pour la soigner. Il lui jouait dans le plumage avec ses doigts maladroits, il rêvait éveillé pour deux. Il savait rester silencieux.

Mais au large, un homme nu à baskets a plongé au même moment du haut du cargo le plus reculé. La panique s’est installée quand il s’est vu encerclé par les aurores boréales belles au 3e degré. Il nageait vers la côte aussi vite que sa révolte olympique le lui permettait. Mais rien n’y fait. Comme un papillon, il s’est brûlé sur la beauté. Partout. Emmaillés dans des tentacules sexy, érotiques et empoisonnants, comme toutes les caresses sans lendemain. La peau qui fend, l’eau qui fige, la douleur, partout, la douleur, le parfum des fleurs aquatiques, et si je veux être aimé, moi qui suis si seul que je n’ai jamais le même nom, si quelqu’un m’aime au futur, quelqu’un que je ne connais pas encore, si quelqu’un m’aime, il croit que je nage, malgré la douleur, il croit que je nage. Les livres peuvent sauver des vies. Comme le Guillaumet de St-Exupéry, dans ses Andes qui marche, je nage. Alors, nage. À en perdre le Nord. À en perdre la mort. À en perdre conscience. À en perdre la tête, noyé dans le froid des neiges éternelles et des citations du passé. Le corps coule. La marée avance. Les méduses sont si belles qu’on veut s’y brûler comme à la beauté d’une chandelle.

Un running shoe s’échoue sur la plage. Un running shoe sans forme, plein d’eau, dans le cimetière lumineux des méduses crachées par les vagues. Dans l’encre rouge de la pieuvre qu’est le soleil. Puis, un naufragé. Un révolté de plus qui n’en peut plus. Un homme nu dont la révolte a brûlé le corps de tous côtés. Il est roulé par les vagues devant les chambres réveillées du motel. Un homme nu avec un seul soulier. Inanimé. Une révolte épuisée. Ensablée. Dans l’écume des vagues. Les yeux vers l’intérieur, la bouche pleine d’eau salé. Au milieu du cimetière des oeillets aquatiques et carnivores au 3e degré. Un nageur à la révolte olympique bordé par les vagues, inanimé. Comme un papillon mouillé. Au moment même où la marée s’est laissé charmer par la lune et s’est retirée pour aller baiser. En laissant les méduses et le papillon mouillé.

Au moment même où Wendy s’est levée, épuisée par mes rêves de pieuvres, et où elle est allée se baigner. Nue dans le soleil qui sort de la vase, de l’océan, mais qui reste derrière les nuages gris. Derrière la brume. Alors, le soleil a essayé de toutes ses forces, de toutes ses explosions nucléaires de voir Miss Wendy franchir les 7 vagues de son corps joli. Mais la brume est restée la plus forte. Il fera gris.

3e degré, comme le manque d’amour qui brûle. Même les révoltés. Surtout les révoltés.

Suicide is an epidemic nightmare

 


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