19/05/2004
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

Chapitre 6 / 6ème partie.

La chambre 2
    Miroir, miroir, qui est la plus belle?

Le miroir est petit pour porter à lui seul la victoire que je vie.

Je suis une femme.

J’ai commencé, quand je suis arrivé dans ce motel, le plus long striptease de l’histoire de la femme. Peu à peu, j’ai enlevé les bandelettes qui m’ont métamorphosée. Peu à peu, je suis sorti du cocon qui a fait de moi une femme. Peu à peu. Comme le féminisme. J’ai vécu en accéléré l’histoire de la femme occidentale. La robe qui monte les chevilles. Puis, les années passe, elle montre les mollets. Puis, les genoux. Révolution, les genoux ! Le début de la courbe de la cuisse. Les hommes deviennent fous. Et la robe monte toujours. La cuisse, la minijupe, le sex-appeal, le printemps torticolis des hommes aux regards caméléons, l’érotisme millénaire qui avance, qui monte vers le sexe odorant de la femme que je suis devenue. L’érotisme sublime d’être une femme. De pouvoir être pénétré. En quelques semaines, j’ai fait les mêmes étapes, la cheville, le mollet, les genoux, révolution, la cuisse… Les bandelettes tombent. Ma chenille est devenue papillon. Mon pénis est devenue vulve. Mon sexe est devenue liberté. Et là, mes jambes sont molles, je me sens faible à m’écrouler, mais je suis nue devant le miroir. Et c’est la femme que je suis qui est devant moi.

Lorsque je me regarde dans le miroir, je suis nue et je suis belle.

La dernière bandelette est tombée sur le plancher de ma chambre. Mon sexe est là. Devant moi. Une cicatrice. Le féminisme à son ultime porté. La liberté d’être. Le droit sacré des gens à disposer d’eux-mêmes. Et malgré le taux de suicide chez les hommes, chez les homos surtout, je sais qu’il est difficile d’être femme. Mais mon sexe est là. Étrangement poilu. Mon sexe est beau. Je l’observe. Ma vulve. Mes lèvres. Mes seins. Je me caresse. Lentement. Mes mains découvrent ce corps qui étranger qui est maintenant le mien. Elles se glissent sur l’os de mon bassin. Dans le creux de ma hanche. Entre mes cuisses. Dans l’humidité. Mon sexe marche. J’ai envie de baiser. Un doigt se glisse. C’est encore sensible. Ça fait mal. Et bien. Ça fait beaucoup de bien. J’ai envie de baiser. Je me couche sur le lit. Face au miroir. J’explore. Je découvre l’Amérique entre mes jambes. J’étais un homme, je suis une explosion. Un bonheur humide. Mes yeux restent braqués sur mon sexe dans le miroir. Je me caresse vigoureusement. Mes doigts sont des lions entre mes lèvres salées. J’ai envie de baiser. Je ferme les yeux.

J’ai envie de faire l’amour.

 


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