24/11/2004
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Intermède: Snowflake diaries
9ème frontière


Ultra-choc
   

S.O.S.

Pour toi Catherine.

Il y a eu un suicide à Kangirsuq. Un de plus. Une balle perdue de plus. Un homme de plus perdu dans sa cuisine, dans son pôle Nord, dans l’aridité de son corps. Le cerveau frigorifié et les lames tranchantes. Le fond de la bouteille peut-il ne pas être assez profond ? Le paysage sublime peut-il ne plus rien avoir à dire ? Peut-il être trop grand ? Quand le futur est une nuit de six mois, un hiver sans peau douce, l’appel de la migration devient si fort qu’on prend une place à bord d’un avion ultra-choc et qu’on décolle vers le vide. On fait le grand saut pour ressembler à un troupeau. On est si seul, qu’on appelle, qu’on ordonne le corbeau noir et qu’on déplume soi-même la mort.

Le suicide est-il une baleine blanche ? Une épidémie ? À trop rester assis, le nomade se fige et se change en pierre ? Les Inukshuk qui habitent le vide et la neige, sont-ils les hommes morts au combat de la solitude, de la performance et de la confusion ? Où sont les repères ? Je croyais que, dans la tempête, les repères c’était eux. Les Inukshuk, les bouées de terres.

TS.

Sans arbre. Sans faune. Sans sourire légendaire au coin des yeux… Sans raison de vieillir. La bouteille est un piège à loup. La drogue, un collier à lapin. Des braconniers d’espoir. Et si le soleil n’ose plus se lever, pourquoi sortir du lit ? La nuit ne finit jamais. Eux oui.

Mais les familles restes, les enfants écoutent aux portent et la mort masturbée s’apprend. Elle se banalise. Les Inuits sont blancs de peur. Piégé par l’évolution. Par les rêves télévisuels et la mort de leurs chiens. Comme nous. Et les chiens errants qui restent goûtent aux corps morts, abandonnés. Enneigés. Et ils y prennent goût. Et ils s’attaquent aux enfants.

On ne t’oublie pas Catherine.
10 novembre 2004.

 


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