09/02/2005
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Intermède : les rumeurs du ramadan
2ème chronique


Iftar, l’heure de la rupture
   

Futura Hani An.

Voici le chapitre suivant du carnet de voyage réalisé cet automne entre le Liban, la Syrie et Montréal.

3h30, commence le chaos. Les rues délirent de klaxons, les embouteillages, la course, l’odeur de goyave, les bouchers, l’impatience, les engueulades, le ventre de la ville gronde, les gens ont faim, on va bientôt briser le jeûne. Puis l’odeur s’insinue. Assez rapidement, le chaos culmine, en coulisse, les femmes cuisinent. Les rues vont se vider, seules les affiches resteront. On en reparlera des affiches.

4h30, un coup de canon, et le 4e appel à la prière. Puis tranquillement, le calme s’installe. La rupture du jeûne donne le silence au souk et l’absence de taxi. Les rues se sont vidées, les musulmans mangent. Dans les boutiques, les autobus, dans la rue et chez eux, en famille. Nombreuses, les familles. Chorba, sous, fatouch, kebbe labaniye, taboulé, kebabs… On mange. En groupe, avec appétit. Comme une ode à l’humanité. Les vrais hommes, ce sont ceux qui cuisinent.

Octobre 2004, Beyrouth. Hariri, vice-président sunnite, homme d’affaire millionnaire et charismatique, donne sa démission. Il est remplacé par Karimi, vieillard à ficelles, pantin ficelé.

Liban. 5 millions d’habitants. Beyrouth, sa capitale, perle d’Orient éclaté sous le talon de l’intégrisme. Deux pôles à la ville, les Chrétiens, les musulmans, Est Beyrouth, Ouest Beyrouth. Et entremêlés, les Palestiniens. Et mes amis Mirza, Nagy, et les autres...

 


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