9/03/2005
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Intermède : les rumeurs du ramadan
6ème chronique


Green zone, le Sud Liban
   

An open space for sun: 10 minutes, every 10 days for females. Every 20 days for males.

Voici le chapitre suivant du carnet de voyage réalisé cet automne entre le Liban, la Syrie et Montréal.

1996, Israël. Le Likoud veut légaliser la torture : La principale formation de l’opposition de droite en Israël, le Likoud a déposé hier au parlement un projet de loi autorisant les « interrogatoires spéciaux » de Palestiniens par la police.

Le journal LA PRESSE, 1996

Aujourd’hui, il fait 35 degrés à l’ombre. Montréal est tellement loin...

J’ai chez nous sur mon mur, un article jaunit par le soleil. Le Likoud veut légaliser la torture. L’article est jaune, vieux, désagrégé par la lumière, épinglé au mur comme un papillon. À l’époque, le Likoud était à l’opposition. Depuis, Netanyahu et Sharon ont présidé le pays. Depuis, la 2e Intifada. Depuis, la Mukata est éventrée et les camps sont toujours un cancer contagieux pour la région. Depuis, Yasser Arafat vit dans le ventre d’une cellule. Depuis Yasser Arafat a dans le ventre des cellules qui se multiplient. Depuis, le Likoud règne. Et les cellules blanches avec ampoule nue au plafond et odeur d’ammoniaque se multiplient aussi, j’en suis sûr.

Lorsqu’on se sent assez fort pour proclamer l’horreur dans les journaux, pour vouloir la légiférer, la banaliser, on sait que c’est pire dans l’ombre, dans les coulisses noires qui mènent aux chambres blanches et aux ampoules nues, aux prisonniers nus et aux coulisses rouges. On sait que le monstre à l’haleine libre et de la peau de prisonnier sous ses griffes.

Au Sud du Liban, au cœur de la zone verte, l’ancienne zone occupée par Israël jusqu’en 2000, il y a une prison : Al Khiam Detention Camp, Please Keep Clean.

C’est un musée aujourd’hui. On y enfermait n’importe qui sans procès pour apeurer la région. 10 minutes de soleil tous les 10 jours pour les femmes, tous les 20 jours pour les hommes. Une Libanaise de 17 ans y a été enfermée. Elle y est restée 16 ans. Elle avait essayé de tuer le chef du Parti. 16 ans. Suha Bechara. Elle vit avec un Suisse, maintenant. Elle rit encore à ce qu’on dit. Mais on ne dit rien de ses rêves. 5 minutes de douches tous les 20 jours. Cold water. Keep clean. Un musée aujourd’hui. Un musée du Hezbollah, du Parti de Dieu, ici, même Dieu a un Parti, mais il n’y a qu’un Dieu, alors, c’est le parti d’Allah, de Dieu ou de Yavee ? Ou de Yankee ? Le logo Hezbollah porte un fusil à bout de bras. Ce sont eux entres autres qui ont libéré la Zone Verte. Aujourd’hui, les routes du Sud du Liban sont jonchées de photos. Les martyrs de la libération. Sur tous les poteaux, sur chaque mur. Les fils, les frères, les hommes, les pères, tous morts, tous enterrés sur un mur, sur un poteaux. Une tombe 2 dimensions, une vision 2D du conflit. Partout. Ça semble être une mode, ici, les affiches. Les martyrs aussi.

Quand l’armé s’est enfui en 2000, il restait 140 prisonniers. 5 martyrs morts par torture. 5 minutes de douche tous les 20 jours. 10 minutes de soleil tous les 20 jours, pour les hommes. Pas de quoi faire jaunir une affiche sur le mur. Ni un article sur le Likoud et la torture. Les affiches défilent à toute vitesse sur le bord des routes. À ne rien y comprendre.

Au Sud, il y a Sour, une ville superbe qui avance dans la mer. Et là, au large, il y a les restes de la ville romaine engloutie. On peu encore se baigner dans les colonnes. Il y a aussi un joli restaurant, le poisson y est si bon… Il y a aussi un camp. Bourg Chmali. Avec Mirza, nous y sommes allé. Étant donné qu’il fait partie de l’ancienne zone verte, nous avons dû nous arrêter a Saïda, présenter nos papiers au commissaire endormi, supporter ses erreurs, attendre qu’il téléphone au check point à l’entrée du camp, y aller, l’appeler parce qu’il n’avait pas appelé, l’engueuler pour qu’il se bouge, et finalement, entrer.

L’état démocratique de l’Israël n’hésite pas à appliquer la torture à 85 % des détenus palestiniens.

LE MONDE DIPLOMATIQUE - ADIEU LIBERTÉS
Par Ignacio Ramonet. Janvier 2002, (EXTRAITS)

Les enfants qui souffrent de traumatismes :
De la naissance à 3 ans :
Symptômes : Ces enfants pleurent plus et ont un besoin accru du contact physique des parents; ils souffrent d’anxiétés prononcées lors des séparations; peur du noir; cauchemars; réactions brusques aux bruits violents.
Interventions : Besoin d’être enlacés et cajolés, besoin d’une attention constante. Maintenez une routine régulière pour les repas et l’heure du coucher. Jouez avec l’enfant en lui fournissant des jouets spéciaux tel qu’une ambulance ou une trousse de docteur. Aidez les enfants à donner des noms simples à leurs émotions. Laissez l’enfant parler et soyez patients.

Journal HAMODIA, The weekly newspaper of Torah Jewry,
10 novembre 2004.

 


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