24/08/2005
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Eden Motel
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Film film

 

 

L'esplanade des Mosquées
2ème pierre de lancée


Les caméras de surveillance
   

Silence, on tourne.

Il y a des gens de l’autre côté de ma télé qui sont en train de se faire étrangler. Tranquillement. Simplement. Ils n’ont rien pour négocier. Et comme les caméras de surveillance surveillent, jamais ils ne mourront tout à fait. Ils deviendront un bibelot que l’on dépose sur la télé. Et la poussière s’accumule sur l’horreur.

Ils manquent d’air. Simplement. Tranquillement. Les enfants sont bleus de peurs, les femmes connaissent par cœur le bleu du mauvais œil et les casques bleus ne font rien. Que peuvent-ils faire ? Alors, les affiches deviennent bleues elles aussi. C’est le temps qui passe, le soleil qui caresse les générations.

La fatigue. Pressée comme des olives dont l’huile n’a plus de plaisir.

Les mains autour des cous sont en béton, ou pire en papier glacé des traités. Ils nous regardent, mais comme les caméras de surveillance n’enregistrent pas le son, on n’écoute pas. Ils sont là. Pressés comme des olives pour que l’huile fasse rouler le territoire. L’eau bénite des sacrifices. De cette pression constante, de ces bouclages, ne reste que les noyaux. Gaza implose... Jérusalem a la langue tranchée... Jénine est encore assiégée, tout comme Qalqiliya et bien d’autres... Tout comme Naplouse, la jolie à la vieille ville déchirée... On a levé la robe de cette terre, elle s’en remet avec difficulté. Elle refait son maquillage, elle reconstruit les murs de ses vieilles villes, et les maisons, les martyrs sont au cimetière, et leurs tombes sont fleuries mais on n’en parle que très peu.

  - C’est ça, la vie.
  - Non. Ça, c’est la mort.

De cette bouche muette qui appelle dans le silence des caméras de surveillance, il sort des générations d’habitués, de mutilés.

Ils sont nous.

 


motelmurders

 


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Debut de L'esplanade des Mosquées
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