12/10/2005
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia
Film film

 

 

L'esplanade des Mosquées
9ème pierre de lancée


Les lignes de la main
   

Target killing

Il y a en ces terres une habitude de la guerre, une normalité de la terreur, une banalité dans l’inhumain. On s’habitue à tout. Mutant du cœur, de l’horreur. Et le sang bu chaud devient traditionnel, habituel. On en boit sans s’en rendre compte. La mort est un folklore. Les soldats ennemis viennent dîner à la maison, ils mangent tout, même nos enfants et l’on dort quand même la nuit. Les enfants ennemis font le service militaire. La guerre est une routine, une période de la vie. 3 ans pour les garçons, 2 pour les filles. Ensuite, un mois de service par année jusqu’à 40 ans. On voit sur les plages des vacanciers maillot de bain et M16 aux côtés. Coppertone et kalachnikov. En sandale. Des guerriers en congés payés.

On s’habitue à tout, mutant du cœur et de l’horreur. Les lignes de la main sont des frontières qu’on ne peut plus traverser. Aucune ligne de chance, aucune ligne d’amour, aucune ligne de vie. Que la ligne de tir et la ligne d’attente. Il devient normal de mourir. De souffrir.

L’ennemi n’a pas cette habitude, cette dureté.

Il y a eu des coups de feux cette nuit. Des coups de feu dans des rues noires. Personne n’en parle.

Assassinat nocturne, target killing, ils entrent la nuit démolissent des maisons, arrachent les hommes des lits, exécutent. Le sang coule. Il connaît le chemin.

C’est normal. Tout est devenu normal.

STOP TRAINING FLIES
TO EAT OUR EYES

I cry dead wings

 


motelmurders

 


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Debut de L'esplanade des Mosquées
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