18/01/2006
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L'esplanade des Mosquées
18ème pierre de lancée


L’odeur de la terre
   

Les poissons sont sortis de l’eau ? Eh bien qu’ils y retournent. Qu’ils boivent la mer.

Nouvelle ville de Yerusholayim. Boutique d’affiches. Les murs sont recouverts de propagande sioniste qui date de la fin du dernier siècle.

La vendeuse : Je crois qu’il n’y a personne qui s’appelle Palestinien. Personne. Il n’y avait personne ici quand nous sommes arrivés. Les Arabes qui étaient là, sont venu de Jordanie. Qu’ils y retournent. Des poissons sont sortis de l’eau un jour, ils ont marché, qu’ils marchent encore et qu’ils retournent à la mer. Qu’ils retournent d’où ils viennent. Ici, il n’y avait personne. Jérusalem était vide. Les Palestiniens, ça n’existe pas. Cette terre est celle des juifs. Dieu nous a sonné cette terre pour qu’on la prenne, nous la prenons, nous la prendrons. Elle est à nous. On a été chassé, il y a deux mille ans. Les autres avant nous sont Neandertal, ce ne sont pas des hommes. Nous sommes les élus, les propriétaires terriens. Nous labourons l’histoire et les gens sont des souches à déraciner.

Les Arabes d’ici ne se sont pas battus en 48, ce sont les autres les Égyptiens, les Syriens... Ceux d’ici ne se sont pas battus, pas de guerre lors de l’al-Nakba, la grande catastrophe, les villageois ont simplement donné leurs terres, leurs champs, leurs oliviers. Ils sont partis. D’ailleurs, il n’y avait personne ici... D’ailleurs, ce sont des Jordaniens, qu’ils y retournent… Ils n’avaient pas de sentiment d’appartenance à un pays... Ils appartenaient à la terre, aux oliviers plantés par l’arrière grand père de l’arrière grand mère. Leurs mains ont l’odeur de cette terre, leur sueur sert de rosé depuis des millénaires, mais ils n’existent pas. Cette terre est à nous. Ils ont laissé plus de 350 villages se faire raser, plus de 700 000 réfugiés volontaires, ils nous ont laissé la terre. Comme ça. Les Anglais avaient divisé le territoire en deux, ils n’ont pas voulu de la moitié de leurs champs, de la moitié d’une olive, ils voulaient l’avoir au complet, leur champ. Ils n’auront rien. Nous leur avons construit des maisons, ils n’en ont pas voulu. Où les maisons ? Dans le désert du Néguev. Ils n’en ont pas voulu. Ils n’ont pas voulu de maison dans le petit cratère, ni dans le grand. Ni dans l’autre. Ils n’ont pas voulu d’un mirage comme champ, d’un vide comme paysage.

  - Welcome, prenez ce que vous voulez. Vous êtes le peuple choisi. Nos villages ont été rasés, pas de problème, on ira ailleurs, réfugiés dans notre propre pays ou encore plus loin, au Liban, en Jordanie...

Ils n’ont pas gentiment voulu nous laisser leurs terres, et s’en retourner chez eux en Jordanie où lors des Septembres noirs, ce ne sont pas les feuilles qui tombent des arbres, mais des réfugiés trop nombreux.

Un seul versant de la pierre est au soleil. De l’autre côté, c’est tout les mois septembre. Il fait toujours noir.

Il n’y avait personne.

Septembre 1970. Après le détournement de trois avions par des Palestiniennes et leurs destructions sur sol jordanien, le roi Hussein de Jordanie semble avoir perdu contrôle des réfugiés qui représentent environ la moitié de la population du royaume. 8 jours de pilonnage à l’artillerie lourde. Le gigantesque camp de Djebel-Wahadate ainsi que ceux de Djebel-Akhdar et de Djebel-Hussein sont sous les obus, nuits et jours. C’est le septembre noir. 3 440 morts et 10 840 blessés parmi la population civile selon le Croissant Rouge palestinien. L’OLP quitte pour Beyrouth où l’attend en 1982, le massacre de Sabra et de Chatila.

Les livres d’histoires sont les armes de destruction massives les plus efficaces.
Et ils visent les enfants.

Il y a aujourd’hui près de 1 700 000 réfugiés palestiniens en Jordanie.

Redonnez la terre aux oliviers. Allez-vous en. Tous. Et laissez les olives repousser. Elle est à eux, cette terre.

« Les palestiniens doivent être expulsés rapidement, sans prêter attention à leur âge ». 11 juillet 1948. L’ordre s’applique aux habitants de Lydda, aujourd’hui Lod. Il est signé du jeune lieutenant-colonel commandant de l’opération, Itzhak Rabin.

348 villages sont rasés par les Israéliens de la mi-1948 à la fin 1949.

 


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