10/05/2006
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Film film

 

 

L'esplanade des Mosquées
33ème pierre de lancée


Les colons
   

Bunker bloodsucker.

Salem : Mangeur de terre. Bourreau de paysage. Avaleur d’oliviers. En haut de la montagne, ton temple est armé et tes soldats sont tous rabbins. Mangeur de terre. Débiteur de champs, embouteilleur de rêves, boucher d’espoir. Abattoir. Tu retournes le sol, tu retournes ma tombe, mes os parlent au soleil, il n’y a plus de place pour mettre le cadavre de mes illusions, de mes souhaits. Le cimetière a été rasé, y passe ta route. Tu prends tous. Tu m’avales comme un noyau pourri. Tu fais du paysage une banlieue du réel, une banlieue guerrière où les enfants ont des mitraillettes entre les canines, où les enfants ne jouent plus. Ta maison est une kippa sur une tête décapitée. Tu habites la mort. Bunker bloodsucker. À attendre que je meurs. Tu m’asphyxies. Toi, c’est Dieu qui t’as donné cette terre. Moi, c’est mon père qui me l’a donné. Et j’y roule en âne, en calèche pour ne pas déranger la mémoire de mes ancêtres, toi tu roule en Hummer, en blindé et tu écrases nos chances d’amitié. À jamais tu auras scarifié mon passé, mon pays, mon lendemain. Blessé de guerre, brûlure au millième degré, défiguré. Tes routes interdites scarifient mes plantations, sur tes routes cicatrices coule le sang contaminé, roule la peur.

Pour la construire, cette route vers la colonie, vers l’ignominie, tu as dévisagé mes champs, coupé mes oliviers, tu as asséché mes sources et tu as rasé le cimetière où était enterré mon grand père. Sur ses routes racistes où je ne peux pas aller, ne roule aucun souvenir, aucune langue, aucune histoire. Que le mensonge et le fanatisme. Tu m’avales, je deviens bleu, je deviens bleu au soleil, je m’écaille et je m’envenime. Il n’y a plus de rivière pour me regarder. Pour noyer mon inondation. Alors je m’inonde de ton sang. Je me regarde dans ton sang jamais coagulé.

Tu m’as défiguré, décapité, numéroté. Je ne reconnais plus le chant doux des oiseaux. Il n’y a plus d’oiseau, tes avions les ont chassés. Je le reconnais plus le goût des citrons, il n’y a plus de citrons, la vie est trop amère et tes bulldozers, trop bien entraînés, trop bien endoctrinés. Je ne reconnais plus la mélodie de la rivière ou la courbe du vallon, tu m’as assoiffé et le mur se dresse. Il y a partout des murs. Partout du ciment. Dans mes plats, dans mes rêves, mes doigts. Je mange le ciment et mon cœur durcit. Mes larmes aussi sont de pierre et je te les lance. Mes enfants ont les dents cassées sur le béton armé. Leurs chants n’ont plus de mélodie. Je ne les reconnais plus. Et eux ils oublient. Ils envient. Mes ongles sont cassés. Mes yeux aussi. Mes jointures sont rouges, mais le mur est trop haut. Le rêve est trop haut.

Les colonies sont la preuve vivante que jamais je n’aurai de pays. Ce sont eux les radicaux. Ils ne veulent pas la paix, ils veulent la terre. Regarde Gaza, 6000 colons, 0.5 % des résidents de la bande qui possèdent 20 % du territoire. Face au camp de Jabalya, où la densité de population est la plus haute du monde… Ils sont venus de partout à travers le monde pour s’opposer au retrait. Le pays frôle la guerre civile… 6000 colons. Il y en a 250 000 en Cisjordanie. 120 colonies. Et combien dans les plateaux du Golan ?

Il y a une colonie à l’est de Jérusalem... Elle grossit... Malgré l’interdiction signé à Charm el-Cheik... Si elle continue, il y aura trois territoire palestiniens. Gaza, la Cisjordanie du Nord et celle du Sud. Entre les deux, la colonie.

Les Juifs ne sont pas mes ennemis. Les soldats de l’IDF, oui. Mais surtout, les colons. Si j’en ai un sous mon poing, je le tue.

 


motelmurders

 


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