17/05/2006
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L'esplanade des Mosquées
34ème pierre de lancée


La résolution 194
   

Qui appelle du droit de retour des Palestiniens.

L’amour de la terre ici se conjugue au passé. On y plante des souvenirs dans les sillons d’une histoire formatée. Des souvenirs qui poussent de pères en fils. Chaque arbre est généalogique, et aucun citronnier n’est amer. On répète dans les pages tranchantes des livres que les gens d’ici n’avait pas d’appartenance à ce pays. C’est qu’ils appartenaient à cette terre. À ces champs qu’ils irriguaient de leurs sueurs depuis que les prophètes en ont foulé la poussière. Sous les ongles, entre les fissures des jointures se trouve la glaise de ce territoire. Il est là, le pays. Dans les jointures, sous les ongles, mélangé à la sueur, en cette glaise meule… Dans la peau basanée des laboureurs. Les enfants ont dans la bouche le goût des figues du passé. Le goût des figues de barbarie qui digère les crimes de guerres. Ces figues et cette barbarie qui poussent depuis toujours entre les frontières.

Le paysage a une âme et les routes sont bordées de cimetières. Les hommes qui ont planté les oliviers millénaires reposent là depuis toujours dans des lieux que les affiches bornées des colons renomment de noms hébreux. De propos post-cataclysmique. Ces routes prennent les chemins du cœur et s’ils ne peuvent sortir de la prison qu’est leur ville aujourd’hui, hier, ils y vont encore et toujours. Ils habitent en eux ces villages rasés, renommés. Et les enfants des enfants des camps ont encore l’accent de leur village. Ce sont les habitants des souches. De ces oliviers coupés.

Il y a un proverbe arménien qui dit que de l’arbre, ce sont les racines qui sont les plus fortes.

11 décembre 1948. L’Assemblé générale de l’ONU adopte la résolution 194 sur les réfugiés palestiniens. L’Assemblée « (…) décide qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour tout bien perdu ou endommagé lorsque, en vertu des principes du droit international ou en équité, cette perte ou ce dommage doit être réparé par les gouvernements ou autorités responsables. »

Qui sont les gouvernements responsables ? Israël ? L’OLP ? Ou la Grande-Bretagne qui a rendu l’état d’Israël possible ? Ou les Nations Unis au complet qui l’ont créé ? Les pays d’Europe qui chassaient le Juif ? L’Allemagne ? Les pays arabes, par manque de solidarité ? Ou le reste du monde qui regarde sans broncher ?

Et où iront les réfugiés ? Ils sont entre 3.5 et 4.5 millions… Et le camp de Jabalya, plus haute densité de population au monde… Où iront-ils ?

Pourquoi pas dans les colonies... Là où 250 000 colons vivent, combien de réfugiés peuvent s’installer ? Les 20 000 de Chatila au Liban ne prennent que 1 kilomètre carré... Mais les 6000 colons de Gaza qui prennent 20 % du territoire ne veulent pas sortir... 200 000 $ en moyenne qu’on offre par famille pour partir... Où vont-ils aller ? Dans la Mer Morte ? Pour qu’elle retrouve son niveau de 1948 ?

En décembre 1949, l’agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) recensait 726 000 réfugiés.

 


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