30/08/2006
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Film film

 

 

L'esplanade des Mosquées
44ème pierre de lancée


L’espoir
   

Le poids d’un rire.

Essayez de lire dans les yeux de ces gens que le destin épuise, essayez de lire dans le silence qui remplace les mots quand tout a été dit, quand le ciment rend muet même le paysage. Quand la montagne a une colonie comme muselière. Le ciel est occupé par les Migs et le vent se tait. On y voit dans ces yeux, le poids des générations, de l’humiliation et des paupières brisées.

Quand le dos d’un peuple se courbe sous la charge inhumaine du vide, de l’absence d’espoir et que malgré tout, malgré l’odeur, malgré la poussière et le gris, malgré l’humiliation aux check points et le silence, malgré tout, ils éclatent de rire, alors le ciment des traités se fend et le sang coagulé s’évapore, les armes s’oublient, ils refroidissent et le parfum de la terre fait son chemin. Ces occupés, ces réfugiés savent rire. Ce sont des surhommes, des mutants du cœur, des funambules d’instants présents.

Comment rire lorsque les dents et les ongles sont cassés sur la dureté de l’époque ? La Mer Morte est immobile, la Mer Rouge est contagieuse. L’ombre grandit. Le mur s’allonge. L’enfance est un luxe teinté de mépris.

Lors de mes errances là-bas, personne ne m’a parlé d’espoir. On se réfugie dans l’insouciance, on boit la vie à même la minute qui passe et rien de compte, rien ne reste. Les bombes tombent et le café est odorant. La fumé du narguilé raconte des histoires aux hommes qui font semblant. Le rire détourne les balles, et la pluie est la bienvenue. Elle irrigue les champs rasés qui se trouvent de l’autre côté du barbelé. Ils boivent le thé de l’insolence face aux casques et à l’ombre des tourelles, ils plantent des fleurs. Les gens rient dans le commun des lieux publics.

Mais dans l’obscurité des matelas défoncés et des nuits d’insomnies, ils cachent la fatigue et les enfants pissent au lit. L’espoir est ailleurs, me dit Abou Fares.

  - Moi, je vais mourir ici. Mais mes enfants iront peut-être là-bas. Aux Etats-Unis. Là-bas, ils essayeront de vivre.

Aux Us. Israël ne pourrait pas occuper en toute impunité sans le support des Us. Of us. Et pourtant, lorsqu’on parle d’espoir c’est là-bas qu’on regarde. Il est fort, le miel empoisonné du rêve américain.

Environ 3 milliards de dollars américains par année en plus des prêts. Certains parlent d’une aide d’un total de 40 milliards.

L’exil a des ampleurs planétaire. L’espoir est ailleurs. Il est chez nous. Il est en nous.

US means us.

Green, holy color of Islam
Green, holy color of the American dollar.
OLP – OPEP

IF THEY PLANT DEATH, THEY HARVEST BOMBS.
COME AND SEE
DON’T JUST WATCH ME DIE ON TV
YOU WONT KILL ME FOR FREE.
SILENCE CAN KILL.
HELP.

DEATH IS THE LAST CHECKPOINT.

 


motelmurders

 


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