20/09/2006
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L'esplanade des Mosquées
46ème pierre de lancée


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Au Moyen-Orient, les gens meurent, ça tout le monde le sait. Mais il y a aussi ceux qui y vivent. Et ça on n’en parle jamais.

Abou Philistine : Chaque rire à l’ombre des tanks, chaque café sucré, chaque caresse dans l’odeur du ciment, chaque baiser volé aux barbelés, chaque orgasme sous l’occupation laisse une victoire, une trace d’humanité sur la barbarie des balles, sur le sang coagulé des traités. Nous dormons dans le lit de la rivière. Nous savons les mots pour exciter les montagnes, nous lisons dans le vol des oiseaux et nous savons quelle plante cueillir pour guérir la stérilité. Mais nous n’avons pas vos armes, ni vos capitaux, vos alliés. Ni l’entraînement de vos soldats.

Chaque baiser volé fait rouiller une balle. Chaque lit en sueur irrigue les cimetières et repousse les frontières, chaque rire de gorge parle d’immortalité et invite la mémoire à danser. Nos femmes sont plus belles que vos canons, et leurs cris de jouissance sauront enterrer vos explosions.

Demain, nous serons encore là. Notre peau regorgera d’amour.

Nous sommes chez-nous.

Oum Philistine : You can raze our trees, destroy our houses, eat our hope, our land, you can burn the sun and make us burn at the gate, you can hate us enough to loose track of humanity, watch our children die in your color TV, we are still here.

You can squash our babies like olives, decapitate our mosques and our fields, you can try to swallow us, eat our land, our hope, we are still here.

You can put blood in our songs, bullets in our poems and metal in our paintings, you can shit in our houses and spit on our pride, you can hate and pray for revenge, you can take our water, our air, our days, even our husbands and our words, you can run over us and leave our daughters blue, dead on a wall, we are still here.

After 60 years, we are still here.

You can put our blood over your hands, your blood over our eyes and your houses over our land, the land talks and our blood listen. We know the songs of the birds. We know the language of the trees.

We know how to wait. We can take more pain than you. More tears. Tomorrow, when you look at the sea, you will still see us.

This is our home. We are still here. We are alive, waiting, with our tears in our hand, our tears turned into stones.

You are doomed to lose. Of this land we are the sea, we come back like the tide. Of this land we are the sky, we come back every night. Of this land we are the blood, we grow back, we are warm and we have the everlasting perfume of memory.

Philistine : Que la mer Rouge se referme et que le sang arrête de couler, nous n’en pouvons plus.

Que la mer morte s’assèche et que les rivières mènent à la vie, que le désert fleurisse et que la Via Dolorosa ne soit que touristique. Que la vie soit un plus juste, que les fruits tombent des arbres, non pas les bombes.

Les bouchers découpent la terre comme de la viande, la misère comme des os, la vie comme des tripes, l’espoir comme des entrailles que l’on jette. Il flotte une odeur, la mémoire se putréfie, les repas de la fête sont abandonnés, la mort est un tapis où tous peuvent se coucher.

La nuit est étoilée. Vous n’avez qu’une étoile à votre drapeau. La nuit est étoilée, est-elle à vous ?

La mer morte baisse d’un mètre par année. Quand il n’y aura plus personne à tuer, quand il n’y aura plus rien de fertile, ni la terre, ni l’amour, peut-être alors cette terre arrêtera d’être Sainte, et elle sera à tous.

WE NEED MORE REFUSNIK

 


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