15/11/2006
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia
Film film

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

TROISIÈME PARTIE
Chapitre 9 / 2

La semaine dernière à l’émission…

Un motel. Des chambres occupées par des échoués de l’Amérique, des marginaux en quête de bonheur et de sens. Un enfant albinos et muet qui abrite une jeune mariée en fuite dans sa chambre transformée en pigeonnier pour les mouettes. Une transsexuelle en convalescence abreuvée d’hormone et de martini. Une ménagère miss Univers qui se tape les chambres et les clients. Deux frères et sœurs jumeaux haineux plus vieux que vieux derrière la réception. Un concessionnaire junkie d’amour, attaché à un pommier pour ne pas qu’il puisse continuer à manger l’auto dans laquelle sa femme s’est tuée. Un révolté qui plonge dans les vagues tout habillé à chaque soir et qui en ressort nu à chaque matin. Et un paumé, moi, qui le suit pour la première fois dans les vagues vers les immenses cargos stationnés au large à perpétuité.

Pour le début du roman sur Le Cabinet, appuyez ici.

Sous l’oreiller
    Le silencieux.

Marie-Madeleine : Je ne sortirai plus jamais d’ici. C’est promis. Jamais le petit ne grandira. Ça aussi, je le promet. Il ne deviendra pas un adulte qui renverse les femmes sur des lits dures. Il dort dans mes bras, comme un petit homme sans défense. Il ne peut pas me faire de mal ? Il ne peut pas. Trop silencieux. Trop seul. Trop blanc. Le soir, il me joue dans les cheveux, et je m’endors. Le matin, je luis joue dans les cheveux, et il se réveille. Il est gêné à chaque matin.

  - Bon matin Monsieur l’ange…
  -
  - Je voudrais aller laver les vêtements.
  -
  - Dans la mer ? Ok. Tu as du savon ?
  -
  - Où vas-tu ? Qu’est-ce qu’il y a ?
  -
  - Tu dois travailler ?
  -
  - Tu es en retard ?
  -
  - Reviens vite.

Il se lève, replace ses vêtements, il dort toujours tout habillé. Je vais devoir lui apprendre. Moi, je ne porte que la chemise, les pantalons me dégoûtent. Puis il sort la tête par la fenêtre et la rentre aussitôt. Il vient s’asseoir à côté de moi. Sur le lit. Et là, il ne bouge plus. Il a l’air complètement endormi.

On est là, les deux un à côté de l’autre, dans son lit pleins de plumes. Et ça me donne envie de rire. Il reste là, et moi aussi, personne ne bouge, et j’éclate de rire. Il me regarde étonné, il sourit alors tellement franchement, je rie de plus belle, le fou rire est contagieux, lui aussi s’y met, mais rapidement, il met sa main sur ma bouche, nous tombons dans le lit, face à face, les yeux pleins larmes et de sourire, la main dans la main, à rire en silence.

Et alors, deux hommes nus passent sur la plage en joggant. Le cœur m’arrête, je serre sa main, ils vont me voir et me jeter dehors, qui sait, me battre, me tripoter… Mais non. Ils n’ont même pas regardé vers la chambre. Ce n’est plus drôle. Je dois faire attention. Mais on pouffe de rire, encore plus fort… Deux nudistes joggeurs ! C’est un motel de fou !

Quand le fou rire se calme, il se relève, regarde par la fenêtre, puis, il me regarde et sort par le cadre de la fenêtre.

Je reste seule.

Quand j’ai peur, je me couche. Les mouettes me regardent. Elles sont plus nerveuses quand il n’est pas là. Quand j’ai peur, je me couche, et je glisse la main sous l’oreiller. Quand j’ai peur, je prends le revolver.

Et je l’attends et regardant l’horizon. Je l’attends. C’est un ange. Il soleil se lève, le ciel est claire… Il va faire beau aujourd’hui.

 


motelmurders

 


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