28/02/2007
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia
Film film

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

TROISIÈME PARTIE
Chapitre 10 / 2

La semaine dernière à l’émission…

Un motel. Des chambres occupées par des échoués de l’Amérique, des marginaux en quête de bonheur et de sens. Un enfant albinos et muet qui abrite une jeune mariée en fuite dans sa chambre transformée en pigeonnier pour les mouettes. Une transsexuelle en convalescence abreuvée d’hormone et de martini. Une ménagère miss Univers qui se tape les chambres et les clients. Deux frères et sœurs jumeaux haineux plus vieux que vieux derrière la réception. Un concessionnaire junkie d’amour, attaché à un pommier pour ne pas qu’il puisse continuer à manger l’auto dans laquelle sa femme s’est tuée. Un révolté qui plonge dans les vagues tout habillé à chaque soir et qui en ressort nu à chaque matin. Et un paumé, moi, qui le suit pour la première fois dans les vagues vers les immenses cargos stationnés au large à perpétuité.

Pour le début du roman sur Le Cabinet, appuyez ici.

Room π
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Moi : Le soir venu, Adam me réveille en cognant à la porte.

  - Désolé de te réveiller…
  - Il est quelle heure ?
  - Tard. On y retourne ?
  - Je m’habille. Donne-moi une minute.
  - Tiens, je t’ai apporté des vêtements jetables. Je vais aussi te présenter des amis.

Je sors du lit les idées plus claires qu’à l’habitude. Collant de sueur, on dort mal le jour… Mais avec la nage et les émotions, j’ai oublié de prendre un somnifère avant de dormir. Et je me souviens de mes rêves. Je m’en passerais bien… Les requins qui ont nagé dans la nuit violente de mes rêves mémorables sont quelque part dans cet Océan si grand, et je dois y retourner.

J’essaye de cacher ma nudité, par réflexe, par pudeur, puis je me rappelle qu’on a fait une version nudiste et personnalisée du triathlon ensemble. Je sors des draps à poil comme une huître ouverte, je m’habille, un peu d’eau dans le visage et je le suis.

  - C’est quoi les brûlures sur ton corps ? Les méthodes douces des agents de l’immigration ?
  - C’est rien. Tu es prêt ?
  - Si on est pour faire des conneries ensemble, ça vaut aussi bien que tu me parles un peu, non ?
  - Si tu y tiens.
  - Raconte, merde…
  - Tu te rappelles, avant-hier ? Au lever du soleil, la plage était couverte de méduses…
  - Vaguement… Je me souviens rarement des premiers moments de la journée.
  - J’ai dû passer au travers du banc en revenant des cargos.
  - Aie… Douloureux ?
  - Très. Et si je veux guérir, il faut que je laisse les galles se former.
  - Le sel les bouffe, c’est ça ?
  - Et les désinfecte. Alors tout est propre, mais tout est à vif et à vue.
  - Tu veux que j’y aille seul, dans la mer, aujourd’hui ?
  - Non. Demain, peut-être, on verra. Tu as mangé ? On va voir mes amis et ensuite, on ira prendre une bouchée avant la grande baignade.


J’ai mal à tous les muscles répertoriés dans les encyclopédies, et j’en ai sûrement découvert un ou deux de plus. On longe le motel sur le simili gazon et quand nos pieds commencent à croquer les coquerelles, Adam cogne à une porte. Le royaume des insectes, c’est ici, ils sortent de sous cette porte exactement. Le mystère va s’élucider… Pas de réponse. Aucun mouvement sauf celui des coquerelles hystériques. Les coquerelles savent résister aux hivers nucléaires paraît-il. Les rideaux sont fermés, rien ne bouge. Et je me rappelle que je ne suis pas allé voir Kaïn depuis qu’il est attaché au pommier. En voilà un hiver nucléaire. Je ne pourrais quand même pas prétendre que j’ai eu un rendez-vous, personne au motel n’a jamais eu de rendez-vous… Merde. Comment je vais lui expliquer ?

Adam cogne encore un coup. Chambre π. Je n’avais jamais remarqué la chambre π auparavant… Probablement que je regardais toujours où je mettais les pieds quand je passais ici.

Le rideau s’ouvre pour laisser passer un regard furtif. Et finalement la porte s’entrebâille. Pleins de scarabées et de coquerelles sortent et envahissent le gazon et les murs blancs de l’hôtel… Un type torse nu avec des grosses lunettes fumées et une casquette de camionneur nous fait entrer dans le noir de la chambre et barre les serrures et autres cadenas de la porte dernière lui.

Au large, un tas d’algues s’est agglutiné ensemble, radeau de fortune pour des centaines de mouettes qui picorent, qui grignotent les algues et toutes les richesses qu’elles contiennent. Sinon, la mer est calme.

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