09/05/2007
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia
Film film

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

TROISIÈME PARTIE
Chapitre 10 / 10

La semaine dernière à l’émission…

Un motel. Des chambres occupées par des échoués de l’Amérique, des marginaux en quête de bonheur et de sens. Un enfant albinos et muet qui abrite une jeune mariée en fuite dans sa chambre transformée en pigeonnier pour les mouettes. Une transsexuelle en convalescence abreuvée d’hormone et de martini. Une ménagère miss Univers qui se tape les chambres et les clients. Deux frères et sœurs jumeaux haineux plus vieux que vieux derrière la réception. Un concessionnaire junkie d’amour, attaché à un pommier pour ne pas qu’il puisse continuer à manger l’auto dans laquelle sa femme s’est tuée. Un révolté qui plonge dans les vagues tout habillé à chaque soir et qui en ressort nu à chaque matin. Et un paumé, moi, qui le suit pour la première fois dans les vagues vers les immenses cargos stationnés au large à perpétuité.

Pour le début du roman sur Le Cabinet, appuyez ici.

Le sable au fond
    En 2006, il y a environ 11 millions de clandestins aux USA

Moi : La deuxième nuit a été plus difficile. Personne n’est mort dans mes bras, mais la nage et la compréhension ont été plus ardues. Pour ne pas couler, je m’accroche à ma pensée. À ces gens. Si eux doivent traverser l’Océan au complet dans des immenses cercueils de métal, je peux bien nager quelques heures par jour pour leur donner un coup de main. Ce n’est pas comme si j’avais quelque chose de mieux à faire, je n’ai jamais rien fais de mieux. Mais, je suis tellement épuisé, j’aurais sué l’Océan au complet si je n’étais pas frigorifié.

 

 

Le ciel finit de se transformer. Les étoiles ont fini de s’éteindre, et les nuages servent de tampon pour absorber le sang qui a coulé cette nuit sur le continent…

 

 

La terre approche. Je ne suis pas noyé. J’ai réussi une deuxième fois. Je sais que bientôt, mon pied touchera la terre ferme. Bientôt j’enfoncerai enfin mon pied sur une de ses plages tout inclus où s’échoue la paresse des riches pendant que les pauvres sourient en attendant une grenaille de pourboire…

 

 

Il y a quelqu’un sur la plage.

 

Une fille. Jamais vu.

Jolie.

Surtout qu’elle est accroupie, qu’elle lave un vêtement les genoux nus dans l’eau avec sur elle qu’une culotte et une chemise bien ouverte, que la chemise est gorgée d’eau, qu’elle enveloppe son corps de jeune dame en lichant ses courbes sans pudeur.

Elle nous voit. Elle ramasse quelque chose à côté d’elle et elle court derrière le motel. Et le miracle se produit une fois de plus. Mon pied touche le sable au fond du plus grand Océan de tous. J’ai autour du cou un petit sac de plastique blanc. Dedans, il y a un blaireau et un rasoir à lame simple. Et dans le rasoir, il y a une de ces lames en stainless steel rectangulaire et très coupante. De ces lames qui en Amérique servent à couper de la cocaïne ou à s’ouvrir les veines. Quelques fois aussi à se raser. J’ai le choix.

 


motelmurders

 


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