27/06/2007
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia
Film film

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

TROISIÈME PARTIE
Chapitre 10 / 15

La semaine dernière à l’émission…

Un motel. Des chambres occupées par des échoués de l’Amérique, des marginaux en quête de bonheur et de sens. Un enfant albinos et muet qui abrite une jeune mariée en fuite dans sa chambre transformée en pigeonnier pour les mouettes. Une transsexuelle en convalescence abreuvée d’hormone et de martini. Une ménagère miss Univers qui se tape les chambres et les clients. Deux frères et sœurs jumeaux haineux plus vieux que vieux derrière la réception. Un concessionnaire junkie d’amour, attaché à un pommier pour ne pas qu’il puisse continuer à manger l’auto dans laquelle sa femme s’est tuée. Un révolté qui plonge dans les vagues tout habillé à chaque soir et qui en ressort nu à chaque matin. Et un paumé, moi, qui le suit pour la première fois dans les vagues vers les immenses cargos stationnés au large à perpétuité.

Pour le début du roman sur Le Cabinet, appuyez ici.

Les mendiants qu’on traîne en justice
    Sur les 100 premières économies mondiales, 51 sont des multinationales et seulement 49 sont des pays.

La vieille : Le petit est encore dans la remise. Je l’ai entendu tout lancer, tout briser, je suis restée derrière la porte. Je n’avais rien de mieux à faire. Ça m’a fait du bien. Le malheur des autres me fait toujours du bien. Quand on est jeune, on fait semblant. Moi, je ne fais plus semblant. Je n’ai jamais été heureuse, alors je ne vois pas pourquoi les autres le seraient. Je vais le laisser là encore aujourd’hui, et demain, quand il sera bien faible, j’ouvrirai la porte et un ouragan aura passé dans la remise et sur le petit, et ce sera bien. Je l’imagine, échoué dans un coin, affamé, assoiffé, débile comme toujours. Et là, je lui dirai de tout ramasser, il va trembler, de rage et de fatigue, et il va pleurer, de rage, de fatigue et aussi de désespoir d’être aussi minable, et je vais apporter une chaise du restaurant et je vais le regarder. Le spectacle de sa détresse sera encore plus doux que le concerto des conserves lancées et de l’ouragan. Peut-être que je devrais demander à mon frère de l’abuser sexuellement ?

Il y a un bateau de pêcheur sur la mer. Et pleins de mouettes mendient derrière. Les mouettes, c’est de rats avec des ailes. Des mendiants qui traînent derrière ceux qui travaillent honnêtement. C’est plein de microbes. Le travail. Voilà ce qui est important.

Tiens. Le client de la chambre 1. Qu’est-ce qu’il veut ? Il fouine. Je n’aime pas qu’on fouine dans mon motel. Il ne travaille pas lui. Je sais ce qu’il cherche… Faudra jouer serré.

 


motelmurders

 


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