18/07/2007
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia
Film film

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

TROISIÈME PARTIE
Chapitre 10 / 18

La semaine dernière à l’émission…

Un motel. Des chambres occupées par des échoués de l’Amérique, des marginaux en quête de bonheur et de sens. Un enfant albinos et muet qui abrite une jeune mariée en fuite dans sa chambre transformée en pigeonnier pour les mouettes. Une transsexuelle en convalescence abreuvée d’hormone et de martini. Une ménagère miss Univers qui se tape les chambres et les clients. Deux frères et sœurs jumeaux haineux plus vieux que vieux derrière la réception. Un concessionnaire junkie d’amour, attaché à un pommier pour ne pas qu’il puisse continuer à manger l’auto dans laquelle sa femme s’est tuée. Un révolté qui plonge dans les vagues tout habillé à chaque soir et qui en ressort nu à chaque matin. Et un paumé, moi, qui le suit pour la première fois dans les vagues vers les immenses cargos stationnés au large à perpétuité.

Pour le début du roman sur Le Cabinet, appuyez ici.

La traîne de la mariée
    En 2006, le droit de vote est accordé au femmes des Emirats Unis. Il est toujours interdit en Arabie Saoudite.

Paloma : Qui a dit qu’on ne pouvait pas boire un verre avant-midi ? Probablement le même qui disait que j’étais un homme… Moi, je bois un verre à n’importe quelle heure. Et ça, ce n’est pas de la liberté, c’est de l’ennui. Ma convalescence est terminée. Maintenant, il faut que je me trouve un homme.

Au loin, des mouettes suivent un bateau de pêcheur comme une traîne de mariée. Les bateaux de pêcheurs eux aussi sont des femmes, des mariées perpétuelles et les mouettes, les goélands, les albatros en sont les dames d’honneurs. Elles courtisent de leurs chants, de leurs gorges reconnaissantes et remplies de poissons. Des centaines de mouettes qui suivent l’embarcation, qui piquent, qui pigent, qui percent les flots là où la coque tranche l’eau. C’est beau tout ça. Je deviens romantique. Maintenant que j’ai des seins, un sexe bien lubrifié et des hormones en comprimés à prendre tous les matins et tous les soirs, en plus d’une dette de quelques milliers de dollars, j’ai le droit d’avoir un peu d’affection.

Hop. Un noyau d’olive de plus dans les galets, et un martini de plus derrière la cravate. C’est triste de boire en se levant. Qu’est-ce qu’il attend le prince charmant pour s’échouer sur ma plage ? J’aimerais faire comme le pêcheur, me tisser un grand filet et racler les fonds pleins de coraux, et remonter pleins d’hommes et même quelques demoiselles dans mes filets. C’est ça. Il faut que je me trouve un filet pour piéger les hommes.

Tiens, parlant d’homme, voilà mon dépuceleur qui avance vers moi. Il est différent. Il a le regard épuisé, mais l’œil plus clair qu’à l’habitude.

  - Tu veux faire l’amour avec moi, mon mignon ? Ça te va bien l’épuisement…

www.iamalone.org

 


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