24/10/2007
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hurle
Eden Motel
xia
Film film

 

 

Fake dollar bills
1$

Premier chapitre du carnet de voyage
Fake dollar bills, écrit à l'été 07,
au sud des Us of A.

Soul on sale
    Où étions-nous pendant que nos soldats défonçaient la chambre des enfants ?

On a beaucoup dit que l’art est important parce qu’il est l’âme d’un peuple et d’une société. Or force m’est d’admettre que, quand je regarde ma société, j’ai l’impression qu’elle a vendu son âme au diable. Et si cette âme, c’est moi, l’artiste, alors c’est moi qui ai été vendu. Ai-je été vendu comme un esclave à qui l’on regarde les dents au marché des lois les plus violentes, du profit et de la productivité, ou me suis-je moi-même vendu contre ces 15 minutes de célébrité ou simplement contre une petite enveloppe à la performance comme celle que connaissent malheureusement si bien maintenant les cinéastes ? J’ai peur de répondre à cette question. Il serait facile de ne blâmer que le marché aux esclaves…

L’académisme et l’Académie elle-même de Duras et de Hugo sont devenus celui de Star Académie. Est-ce parce que j’ai laissé la place vide ? J’ai souvent l’impression que notre art n’est qu’un art d’expression personnel et que lorsque nous prenons la parole dans les médias ce n’est que pour revendiquer notre place et notre reconnaissance. Si nous avons tant à revendiquer en tant qu’artiste et en tant qu’agitprop notre existence est-ce parce qu’on a tellement été silencieux que plus personne ne se souvient de nous ?

Il faut repenser cette société nous-même, parce que d’autres ont pris la place et la repensent pour nous. Il nous faut prendre notre place dans la cité et sur la place publique, remettre notre plume, notre parole, notre sensibilité et notre poésie au service de cette société. Écrire, chanter à tue tête qu’on tue en notre nom, crier pour briser le silence, la solitude, peindre les rues multicolores parce que l’asphalte prend plus de place dans les élections que la pauvreté, filmer notre voisin parce qu’on ne le connaît pas, et dire partout notre dégoût. Prendre les journaux en otage, oser dire aux partis politiques la honte qu’ils nous infligent, dénoncer l’obscurantisme médiatique, le scandale du vide et l’absence de vie sur la place publique. Prendre la parole, pas pour demander à notre civilisation de nous entendre, mais pour revendiquer le civisme de cette civilisation. La place de l’art est peut-être vide parce que nous sommes encore couché en train de cuver les fêtes arrosées de nos succès passés. Redevenons l’arroseur arrosé. Arrosons nous aussi. Ne pas reprendre la parole pour revendiquer notre place, mais reprendre notre place pour revendiquer notre parole. Ne pas que parler d’art au monde mais parler du monde avec art. Crier contre la déshumanisation, contre la consommation militaire, contre les sables mouvants et bitumineux où se vautrent le discours ambiant et la consommation culturel de masse, écrire dans les journaux, descendre dans la rue parce que c’est là que sont les autres, briser la solitude et démontrer au monde que l’art est intéressant parce qu’il dit le malaise qu’il ressent.

Du 17 au 20 octobre, plus de 500 représentants du milieu théâtral professionnel québécois se sont réunis pour essayer de se parler et de s’entendre sur comment exploser encore plus, comment passer de l’adolescence de notre art à l’age adulte. La victoire est énorme. Pour plus d’infos : http://www.cqt.ca/Accueil

 


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