12/12/2007
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia
Film film

 

 

Interruption de la programmation,
attentat au Liban.

 

Mon amour crie plus fort que leur détonation.
    À vous Libanais, que j’aimerai toujours.
À toi Liban, que je voudrais aimer à jamais.

Courage à toi mon ami N.

Il existe, ce Liban d’été où la mer rit, où les enfants jouent et où les hommes embrassent leurs épouses. Il existe ce pays où le voisin parle de jasmin et de zathar avec le voisin, où ils boivent ensemble le thé ou l’arak, où ils se serrent dans leurs bras sous la lune avant de se séparer pour aller dormir au chaud contre leur amour. Elle existe cette maison qui est la tienne, où la fierté parfume la nuit, où les draps sont défaits, les casseroles encore odorantes, et les verres pleins, le rire, les chants, et les blagues. Il existe le bonheur chez-toi. Ne laisse pas les cons te faire croire le contraire. Il existe ce pays qui est le tien. Que tu aimes. Qui refuse une fois pour toutes les bombes, les drapeaux coupants, les discours assourdissants et la marée noire.

Elle existe cette vie qui est la tienne. Cette vie sous le soleil. Les épaules souples et les mains pleines. Le dos fatigué par le travail bien fait et la gorge déployée par l’amour. Courage.

Comme à chaque fois qu'on essaie de me faire croire le contraire, j'ai besoin d'avoir de tes nouvelles. Alors, réponds-moi. rien. Un mot. Deux. Mais vite. Là.

Et souviens-toi. il existe, le bonheur.

xxx

 

R. mon amie.

Encore une fois.

Mais je ne laisserai pas les cons me dire quoi écrire et quand penser à toi. Alors je t’écris pour autre chose. Pour te donner de mes nouvelles. J’avance, la vie a bon goût de ce côté de la grande flaque. Les demoiselles ces jours-ci, ont les yeux bleus comme la Méditerranée (et ce n’est même pas un poème, parce que franchement si ce serait un poème, ce serait de mauvais goût), elle me fait du bien et ses lèvres sont de bons oreillers, devra-t-elle s’habituer à mes souliers dans son entrée ? Je ne sais pas. J’essaie de donner une chance au bleu méditerranée de ces yeux, un peu pour toi qui est face à la mer. Un peu en souvenir de toi. Un peu aussi pour narguer les cons.

Je repars encore. L’Afrique, Togo, Ethiopie. Je pars dans moins de 2 semaines. Ça va. Un nouveau projet. J’attends encore de retomber en amour. Il reste honnêtement dans les coulisses de mes phantasmes quelques soutien gorges trop parfumés, mais je vais mon chemin. Le moral est bon. La révolte est malheureusement entretenue, que veux-tu la connerie n’est pas un monopole moyen-orientale, et la connerie, ça me révolte. Parlant de connerie, dis-moi donc toi aussi comment tu vas.

Je te french R. M. On aurait dû coucher ensemble à Jasalmer.

xxx

 

Salut à vous, mes 2 faucons.

Encore une fois, la connerie. Et pourtant, je l'aime votre coin de terre. Je les aime ces gens. Je l’aime ce serveur qui me parlait de ces nouvelles amours, ce joueur de luth aux yeux fatigués d’avoir trop vu, cette animatrice aux seins refaits qui envoyait ses lèvres dans Achrafieh, ce type musclé sur la croisette qui se regardait toujours dans la glace, en face du Hard Rock Cafe, celui qui se prenait pour un dur, un rockeur, je les aime, les gens du Sud qui savent marcher lentement, je les aime, ceux de Beyrouth, qui croient qu'ils ont tout vu, qui on oublié d'avoir de la mémoire, j'aime ceux de tripoli, j’aime leurs fleurs, leur Arak, Que j'aime l'Arak, le Zathar, la brise du vent du large et l'odeur de la Méditerranée. Je l'aime l'amitié des gens de chez-vous. J'aime la facilité du rire, les accolades, des yeux moqueurs. J’aime cette terre de paradoxe. De passion. J'aime l'accueil, la fierté et la noblesse. J'aime les mains rugueuses que l’on claque dans le dos, le chaos de la vie vécue en communauté, la folie des intersections qui coule comme le vent roule, les klaxons qui hurlent que oui, vous êtes en vie. Et que cette vie, que ce soit dans les repas sans fins, les routes sans feux, les nuits sans sommeils et les ciels sans nuages, cette vie, vous la vivez de toutes vos forces. J'aime le Liban. J'aime les Libanais.

Et vous, je vous aime aussi, mes amis.
Vous arrivez ici, d’ici peu, peut-être êtes-vous déjà parti...
N'oubliez pas de m'appeler.

 

xxx

 

Salut à toi, la poétesse sous les bombes...

Écris-nous donc un poème d'amour pour répondre aux cons, écris-le vite et fort et hurle-le des toits de chez-vous pour que son écho ensevelisse la détonation. Hurle un peu de tes mots de joie cette nuit, je t'en prie. Hurle les mots de tes amours, de ce désir triptyque mentionné à tout hasard dans ce petit café à Damas, il y a un peu plus d'un an, ce désir qu’on a laissé passer tous les trois, hurle tellement fort qu’ici je sois capable d’entendre quelque chose d'autre que la détonation. Fais-nous un beau poème mon amie. Envoie-moi une mise à jour de ton blogue avec un poème d'amour qui rit à la gueule des cons. Et de la détonation.

Un fan. Ton ami.

xxx

 


motelmurders

 

 

Pour un aperçu du Liban et de la Syrie:
La rupture du jeûne, carnet de voyage

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Pour un aperçu de la Palestine et d'Israël: L'esplanade des mosquées, carnet de voyage

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Pour la dernière intéruption de la programation:
La vérité hors de la bouche des canons

 

Pour un aperçu du Liban et de la Syrie:
La rupture du jeûne, carnet de voyage

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