16/01/2008
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Eden Motel
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Film film

 

 

Fake dollar bills
100$

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Fake dollar bills, écrit à l'été 07,
au sud des Us of A.

“Act of God” (3ème partie)
    White tile mass rape. Fuck Laura Bush.

Scène 3. Superdome de New Orleans, deux semaines après l’ouragan.

20 000 réfugiés dans un stade. Pauvres. Démunis. Là où habituellement, on joue au football. Là où maintenant, horreur et l’inhumain ont pris possession des âmes des hommes. Tout ça, live on TV. L’aide américaine a mis moins de temps à parvenir aux victimes du tsunami qu’à celles de Katrina. Le Superbowl, la coupe de football américain, est l’événement télévisuel le plus regardé au monde.

Downtown : Katrina. Réinvente le chaos et l’horreur. Inonde le Superdome de sang et de pleurs. Ici, les viols sont en masse, publiques, sur les tuiles blanches des toilettes défoncées… Même les policiers refusent de venir ici. Les fusils, les gangs de rues, les gansters requins aux dents en or, et la masse qui rampent de peur, qui se déversent dans l’horreur. Les sièges du stade sont rouges de la barbarie, la sauvagerie, et les journalistes parlent encore de démocratie, les tuiles des toilettes publiques se décollent pour ne pas assister aux viols massifs. They are happy, at least they have a roof, qu’elle a dit Laura Bush à la télé, pendant qu’ici, les enfants sont livrés aux lions du stade, ils sont abandonnées aux tuiles blanches des toilettes et à l’écho des cris… Et elle, elle regarde à la télé. Que quelqu’un mette sa tête permanentée dans le bol de toilette, qu’un ouragan dans le bol, l’avale, et que quelqu’un tire la chaîne, pendant qu’elle regarde les viols en séries…

Les enfants pleurent. La dysenterie. Les infections et le meurtre. Le mensonge hurle force 5. La télévision déborde. Rendez-vous au marché aux esclaves. Que les vieux entrepôts rouillent et s’effondrent. Que le vent lave le passé de sa sauvagerie. La fureur de l’histoire inonde encore nos nouvelles télévisées. Personne ne se souvient. Que la reine voodoo se lève. Que l’inondation lave sa pierre tombale. Que le ciel pleure les milliers d’offrandes que les désespérés ont laissées sur sa tombe. Que le ciel entende les pleurs gravés au cimetière et les lampions submergés par les années. Que Marie Laveau, reine des déracinées, entonne son chant. Elle, la muette, qu’elle rugisse l’humiliation, elle, l’humiliée, qu’elle hurle sa vengeance. Les dams sont ouvertes. La façade de la société est fissurée. Le mensonge où l’on se répand encore depuis tant d’années. Le mensonge qui rôde sous notre peau, tout est inondé. Jamais plus de honte. Jamais plus de fouets. Jamais plus d’homme bétail ou de bateau cercueil. Jamais plus de viols sur des tuiles blanches. Que le mensonge coule au tréfonds de l’histoire et que la vérité brille comme les fleurs après la pluie.

We tear down houses.
Nous démolissons.

 


motelmurders

 


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