27/02/2008
et
5/03/2008

art mécanik
hurle
Eden Motel
xia
Film film

 

 

Fake dollar bills
100 000$

Chapitre suivant du carnet de voyage
Fake dollar bills, écrit à l'été 07,
au sud des Us of A.

Las Vegas Self Parking
    I’m a real girl not a model

Las Vegas, mirage au cœur de ce que l’Amérique a de plus désert. La ville qui n’existe presque pas, évasive comme la chance, malicieuse comme le vide, comme l’absence, construite au creux du rien, au coin du coude de l’Amérique Junkie, en plein désert, en plein purgatoire, avec lumière et abattoir. Las Vegas, le nez plein de dollars, là où les putes élèvent leurs fillettes en pensant à autre chose, mes seins sont aussi vrais que les lumières de la ville, et quand je jouis de tes caresses prépayées, les fontaines giclent dehors et l’eau de mon plaisir simulé s’évapore au contact de la violence de l’air et de la chaleur du néant. Il fait tellement chaud ici que les orgasmes s’évaporent au contact de l’air, la seule chose de vrai à part le désert.

Un mendiant mort dans le stationnement self parking de tes rêves, derrière le casino de ta dernière chance. Un mendiant mort, un sac de plastique dans la bouche, plein du vide, enfoncé profond dans la gorge, troué d’espoir joué, d’espoir perdu, de futur triché et de machines à sous défoncées. Même les machines à sous pleurent, ici, un murmure subliminale de larmes grosses comme des dollars, de goutte de sang que l’on insert par billet, par fortune, les machines bien huilés qui nous vampirisent sans le vouloir en gémissant notre douleur de ne plus exister vraiment, de faire parti une bonne fois pour tout du décors, d’être devenu mirage au milieu du mirage, désert dans le creux du cœur. Et les cadavres restent assis, vidés de sang et d’espoir à appuyer sur le bouton, l’aiguille du soluté plantée dans les yeux, se déversant, se déchargeant dans la machine devant, nulle part ailleurs où s’asseoir, que devant la machine, aucune horloge, aucun plaisir, aucune lumière, que des vitres teintés pour qu’on croit qu’il fait toujours noir, que la fête des morts continue et continue et que l’on s’échoue ailleurs une fois vidée de nos entrailles. Aucune horloge, aucun plaisir, que la tristesse qui sort à goutte de dollar, que l’inconscience d’être triste, que ces regards morts, explosés, ces yeux crevés, subliminés et les larmes de sous qui gémissent des machines, la folie fait son, qui suinte sans arrêt 24 h sur 24, 365 jours par année, les enfants qui attendent quelque part, qui ne disent rien, qui mangent des repas froids, micro-ondes en croyant souper, dans une vie micro-onde qu’ils croient vivre en attendant le retour de ce qu’ils croient être leurs parents, eux devenus des fantômes vides, des faux jetons, du silicone mental qui coule et qui se répand. Le regard vitreux. La bouche molle. Seul. Triste. Sans savoir qu’on est triste. Sans rien savoir. Sans rien voir, que les cerises, les numéros 7, sans rien entendre, que le gémissement de la machine, la folie fait son. Du vrai désespoir au milieu du bruit assourdissant du faux.

Ici rien ne ferme. Les bars restent ouverts, les portefeuilles, les mensonges, la bouche de la prostituée, la plaie au cœur aussi. Le maquillage coule par rigole le long de la strip, et les stripteaseuses sont vendues à la criée, en combo trio supersize. Au coin de la rue au nom du casino, se tient la portoricaine de 47 ans, 7 enfants, qui glisse les cartes avec des fillettes prépubères ouvertes même en hiver, les jambes écartée, l’œil éclaté, le sexe couvert d’une étoile tombée en bas du drapeau. Les seins refaits, le nez refait, les lèvres refaits, la peau lisse comme le désert, les jambes humides comme un mirage, le cœur self parking, viens y mettre ton jetton, tes dollars, viens croire à mes caresses, viens croire que mes caresses sont pour toi, que l’oasis existe, que la chance peut tourner, que le meilleur gagne, qu’il y a une ville derrière la lumière, un jeu derrière la table de poker, une femme derrière la chirurgie, un rêve derrière le dollar, un pays derrière le drapeau, un président derrière l’écran.

Viens dans mes bras. Une heure exactement. Viens croire que ta vie vaux quelque chose, que tu existe. Viens croire que quelqu’un sait ton nom, se souvient de toi. viens croire un peu et évacuer un peu de vide en moi. What happens in Vegas stays in Vegas. And a bit of you might stay to. My real name stayed behind, you can call me Samantha.

Everything stays in Vegas, femme enfant, carrière, sourire, les dés ont toujours été truqué, il reste des chambre à l’Eden Hotel, pay per week, tu vas te refaire, tu as tout perdu, ton nom ne sera jamais en haut du billboard, et la vie n’est qu’un peu de poudre au nez, de sable blanc rapidement oublié. L’amour est un spectacle au Mirage, le sexe a été perfectionné, électrolysé, électrocuté, la femme de ma vie est venue au coin des rues, 2 women minimum, sa photo traîne tout les matins dans l’égout de l’Amérique, elle est deux pour un, $ 69 en spécial, no hidden fees, 702.405.3461, if you are calling from Vegas, no need to signal the 702, if you are crying from Vegas, no need to call, all natural, la femme de ma vie n’existe plus, je l’ai perdue, elle est en mongolfière, en latex et silicone, elle reste habillée une fois nue, ses seins sont increvables, ton cœur est percé, brûlée, un mendiant de plus de couché au fond d’un stationnement, il est écrit sur le sac de plastique dans ta bouche Thank you, Thank you, Thank you, Thank you, Thank you, Thank you, Thank you, Thank you, Thank you, Thank you, Thank you, autant de fois que le coq chantera, et le coq chante sur le reste de ton corps, en boulle, entre les pneus, les affichettes de filles à vendre et les restes de junk food. Et tout calcine sous le soleil du désert qui se lève malgré tout et qui lui ne ment pas.

Welcome to Las Vegas. Come and play in kindergarden adult store parking in the rear. Come and smell the sweet sugary smell of money, die between my legs, l’eau de ton sang s’évapore dans les fontaines géantes des grands boulevards. On te gaspillera. La vie n’est qu’un mirage de plus au milieu du désert que tu as fait. On t’enterrera dans la poche revolver d’un vrai. La folie est une bille blanche qui tourne et qui tourne dans la roulette, les jeux sont faits rien ne va plus, rien ne va, tout est foutu. Et quand elle s’arrêtera, les années auront passées sans le savoir, alors tu verra le sable craqué du désert sous les boulevards. La blessure dans le décor du rêve. Et la dent en or coulée de l’or de tes yeux. Et de tes meilleurs années. Ne te restera que le trou au creux du coude, que le discours du politicien, le numéro truqué de la prostituée. Le condom percé de tes amours se coincera au creux de ta gorge, et tu dormiras enfin sur le tapis usée de la table de jeu. Tu verra le poids dans les dés, le 5e as, le ver dans le cœur de la dame et l’œil de vitre du one eye jack. Tu seras nu comme la strip et tu te vendras aux plus offrants. Welcome. Il fait 100 degrés la nuit. on paye en entrant.

- J’ai plus d’ami. J’ai plus rien. J’ai tout perdu. J’ai même plus droit de voir mes enfants. Ils disent papa à un autre. Ils disent papa à un autre… Je suis moi-même un mirage. J’existe pas vraiment. Une balle de perdue de plus. Une place vide au stationnement.

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motelmurders

 


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