17/12/2008

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Film film

 

 

Les clous dans la poupée voodoo
27e clou

Le deuxième volet d'un carnet écrit
en Afrique à l'hiver 2008 : l'Éthiopie.

La migration des troupeaux d’éléphants
    Les insomnies d’Eskabel

Oui, Eskabel, je suis arrivé a Paris. Le clash est intense, juste à la douane, de voir les Africains devenir pale, perdre leurs couleurs et essayer de se ranger dans la foule de Paris et dans sa grisaille, son silence... Essayer de devenir anonyme, Parisien. Et voir la violence des douaniers qui humilient au hasard, qui en attrapent un en plein corridor, le questionne devant tous… Un autre petit checkpoint volant comme ceux de Cisjordanie.

Puis, Paris, les repas riches, le vin blanc, froid, les lumières, les parfums dispendieux des demoiselles… Et des fois, un camouflé, un Africain caméléon qui fait semblant. Qui enfouie son manque de couleur au tréfonds de son inconscient. Ensuite, Mantes-La-Jolie, la cité, le gris. La violence fait béton, le racisme fait quartier, les Kärchers de Sarkozy. « On va nettoyer la cité des 4000 au Kärcher »…

Et moi qui observe, encore décalé, à la dérive comme un vieux continent oublié. Le monde est franchement plus grand que moi…


  
Pleins d'histoires, tu t'en doutes. L'Afrique de l'Ouest avec ma pièce la plus montréalaise, Boulevard Sauvé qu'elle s'appelle, imagine ! Dans les maisons de Lomé ! Ensuite l'Ethiopie, de l’autre côté de l’Afrique, de l’autre côté du grand Sahara. Que le monde est grand et que les gens sont vivants… C'est toujours impressionnant de voir les univers qui séparent les coins de la terre et pourtant, la complicité qui s'installe des fois d'un claquement de doigts, au goulot d'une bière, d'un rhum ou d'un café.

Montréal est à des siècles de moi. Et pourtant, j’y vais. Tranquillement, mais sûrement. Là bas, c’est sûr tout est politique, des tanks russes qui rouillent dans le désert, aux réfugiés somaliens errants depuis 2 guerres... Ou même jusqu’au regard, et à l'éclat des yeux, aux sourires gavés de poussières. Même le soleil est politique. Partout le soleil. Partout le politique.

Encore plein d'images de réalité, d'autres facettes du monde qu'il me faudra classer et surtout garder en moi, un peu juste pour moi. Je garde ces images, ce chaos en moi, j'en suis plein, rempli, nourrit, près à sourire et à affronter le froid de mon pays et de son mode de vie.

Je t'embrasse fort et te donne mes ailes pour que tu puisses y dormir. Y dormir et faire voler ton coeur hors de ces troubles qui hantent tes nuits d’insomnie.

 


motelmurders

 

 


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