01/04/2009   

art mécanik
hurle
Eden Motel
xia
Film film
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Fat man et Little boy
6e texte

Le langage des pierres et le silence des méduses.

4e RENCONTRE
    Your tongue + the wire socket = love.
My tongue + frozen steel = your legs.

Local. Mao joue dans un coin avec deux soldats. Il ne parle pas. Nagasaki non plus. Silence. Puis on commence à entendre ce que Mao se dit.

Mao : J’ai trop de synapses au cerveau. Et avec la maison qui prend l’eau, qui coule et les coffres trop fort pour nager, je mets des bottes, contre l’eau, contre la neige aussi, la glace. Mes bottes de caoutchoucs. C’est un beau mot, caoutchouc… Dans le pays de ma maman, à tous les six mois, on met le monde au congélateur parce que sinon, il pourrit. Ils appellent ça l’hiver. Ma maman, elle vient de l’hiver, et c’est pour ça qu’il fait froid quand elle est là.

Le caoutchouc, c’est pas conducteur… C’est pour ça aussi, les bottes. J’ai jamais eu d’orages dans mon bain. Quand ça sent la mer, les oursins et le caca de baleine, je sors de l’eau, même quand les secondes ne sont pas écoulées. Je sors de l’eau. Juste avant… Parce que… Sinon… Je sors avant.

Des fois, j’ai mal aux os. Je grandis. Mon bras a poussé cette nuit. L’orage, c’est les éclairs et la prise neuf volt entre mes deux cerveaux qui éclate, qui explose, moi pendant l’orage, je vois rien, je descends dans l’eau et je vois les étoiles, les milliers de millions de milliards d’étoiles qui sont dans les choses les plus petites, ça sent bon, et les yeux peuvent aller loin, suivre la corde entre l’horizon et l’horizon. Et marcher dessus. Mais ce n’est pas bon. Et j’aime pas ensuite quand ma bouche goutte le sang et que la serviette est rouge. Et que ma chemise est collante, chaude et que la pisse pique. Je suis épileptique. Nagasaki elle, elle est épilée. Elle sent bon.

Hiro-hito continue à avancer. Il marche et sonne sa cloche bouddhiste.

Hiro-hito : Le temps est une bulle. Et à chaque fois que je sonne la cloche, la bulle explose, le temps s’évade et le monde se termine. Il ne faut pas se laisser faire, la mort, elle est partout. Elle s’infiltre comme l’eau entre les craques et les briques, entre les particules rouillées du métal des cargos et des mines flottantes. La mort, elle ne fait qu’un son, qu’un instant. Le zéro de l’électroencéphalogramme. La vie bourdonne, et le silence, c’est comme le blanc, c’est l’harmonie, l’ensemble des sons réunis, l’amour. Le silence, c’est l’amour.

J’ai été trop amoureux. Me pardonnez-vous mes enfants ? Je vous ai abandonné…

 


motelmurders

 

 


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Debut de la série "Fat man et
Little boy"

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Debut de la série "Fat man et
Little boy"

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