13/05/2009   

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Eden Motel
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Film film
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Fat man et Little boy
12e texte

Le langage des pierres et le silence des méduses.

8e RENCONTRE
    Et si je mettais ma langue dans la prise de courant ? Si je laissais tomber un séchoir dans mon bain ? Ce serait pareil ?.

Aquarium municipal. De grosses fenêtres donnant sur des bassins immenses. Des pieuvres, des épaulards, des requins blancs… Ce que le budget nous permettra.

Mao : Je suis pas vraiment une femme, je suis un garçon. Mais j’aime ça imaginer ma chemise sur le corps d’une femme. J’aime ça, j’imagine les ronds mouillés, qui percent le blanc de ma chemise qui font un bruit de vague dans mon ventre… Est-ce que c’est normal de penser ça ?

Nagasaki : Bien sûr, Mao.

Mao : Nagasaki, c’est la plus petite des deux bombes. C’est une chemise d’homme que je porte, de papa même, mais toi, Nagasaki, tu es une sirène. Quand ça chante, les sirènes, tout coule. 120 secondes. Mon record sous l’eau, c’était 180 secondes. Je l’ai battu hier ! 200 secondes ! Toi, c’est quoi ton record ?

Nagasaki : Je ne sais pas, j’ai jamais essayé…

Mao : Non ? Quand je me rends à 150 secondes, j’entends la musique et les sirènes de papa. Les sirènes qui sont venus le chercher. Est-ce que tu crois qu’un jour, les sirènes vont venir me chercher, moi aussi ?

Nagasaki : Je ferai tout pour que tu n’entendes jamais les sirènes, Mao. Tout ce que je peux.

Mao : La maison fuit, alors je porte des bottes en caoutchouc. C’est un beau mot, caoutchouc. Et ce n’est pas conducteur, alors… Mon papa, c’est Fat Man. Moi, je suis Little Boy. Et on est des explosions.

Nagasaki : Pourquoi tu répètes ça, Mao ?

Mao : C’est beau les poissons…

Nagasaki : Oui.

Mao : Tu ne voudrais pas être ma mère ?

Nagasaki : Mao… Tu en as une, mère. Et moi, je t’aimerais toujours. Je te le jure.

Mao : Quand je regarde un film au cinéma, les images ne se suivent pas. Pour tout le monde, elles se suivent, moi non. Je vais plus vite qu’elles et pour moi, c’est pleins de petites photos une à la suite de l’autre. Et moi, je suis une photo comme ça. Quand j’ai une crise, un orage, le temps devient élastique, comme mon corps. Ces moments-là, je vis une vie au complet. Maman elle, elle vit sa mort, tout le temps. Mais le reste du monde, ils vivent une minute. Ils sont 80 000 à être mort cette journée-là. Grand-maman est morte. Peut-être que quand j’aurai fait 80 000 crises d’orages, alors le monde sera beau ?

Est-ce que tu sens la mer Nagasaki ?

Nagasaki : Ça va Mao ? Mao ?

Mao : Est-ce que ça sent les algues, le bruit des vagues, est-ce que ça sent les cris de mouettes ?

Nagasaki : Mao !

Mao : Je crois qu’il va y avoir un orage… Nagasaki, je crois que je vais partir… Je ne veux pas que tu vois ça…

Il se sauve.

Nagasaki : Non, Mao ! Non ! Reviens !

L'épilepsie (également comitialité, mal comitial), parfois nommée encore haut mal, mal caduc ou mal sacré, est une affection neurologique qui est le symptôme d'une hyperactivité cérébrale paroxystique pouvant se manifester par des convulsions ou une perte de conscience, voire par des hallucinations complexes inaugurales (visuelles et/ou auditives et/ou somesthésiques), avec ou sans convulsions, mais ce n'est pas une maladie mentale, contrairement à l'image qu'on peut avoir des malades.

Ce n’est pas une maladie mentale…
Ce n’est pas une maladie mentale.

 


motelmurders

 

 


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Debut de la série "Fat man et
Little boy"

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Debut de la série "Fat man et
Little boy"

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