24/06/2009   

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Pause commerciale

Le marathon Topless Shameless de Montréal
    La vie est un taste choice avec la mort.

Montréal est une pilule anti-dépressive dans la gorge d’un fleuve qu’on appelle l’Amérique. Un enfant sur cinq en cette fat amerika prend du Rithalin dans ses céréales le matin. Chez nous, sur la terre des bâtards, l’Amérique du Nord, on prend plus d’anti-dépresseur que le reste du monde réunit. Mais on a le meilleur niveau de vie, qu’on dit. 5 personnes par jour au Québec mélange les ponts pour des décolletées où l’on se lance. 5 par jour. Les ponts si beaux, en dentelles de métal, ton décolleté à toi, Montréal, pourquoi personne n’en parle ? Montréal, toi qui as les plus belles filles du monde, belle comme des anges, les filles chez nous, c’est-tu pour ça que les gars font le saut de l’Ange ? Pour devenir des anges comme elles ? Si là-bas, là où il fait chaud, ils essayent de survivre physiquement, nous, on essaye de survivre psychologiquement. On est entassé tous ensemble sur le pont pour le grand marathon de la réussite, en plein vertige, paniqué devant l’ampleur de la course, à penser tout bas au grand départ… C’est la première cause de mortalité chez les hommes de 20 à 40 ans, une grande conscription de la prescription… On met des téléphones dans le métro, un par semaine dans le métro. Code 37, station Dédé Fortin, terminus, tout le monde se descend.

Sur les paquets de cigarettes, c’est juste en dessous de la section mort par tabac, j’ai envi de commencer à fumer pour pouvoir choisir ma ligne dans les statistiques. Parce que ça ne reste que des statistiques. On met des téléphones dans le métro, on monte les clôtures des ponts qui nous permettent de sortir de chez toi, Montréal, les ponts en dentelles qui nous permettent de fuir, des clôtures comme un Band-Aid sur un génocide, 2000 par année au Québec, pis on en parle plus ? Après tout, on a le meilleur plus bon niveau de vie au monde…

Parle-moi un peu, ma belle MTL, pourquoi qu’au taste choice entre la vie et la mort, les gens choisissent Coca-Cola ? Pourquoi qu’au taste choice qu’est ma démocratie, les gens savent pas choisir entre Coke pis Pepsi ? Pourquoi je suis tout seul la nuit ?

Déshabille-toi MTL, toi qui es si belle, regarde en dessous de la lingerie fine de tes ruelles, regarde le problème à poil, sois tendre avec lui, couche-toi nue dans les neiges de mon lit, fais-moi une danse à dix gratis, colle tes seins sur les yeux de ma peur, mets ta peau sur ma douleur. Les plus belles femmes du monde. Le plus haut niveau de vie au monde. Le plus d’eau potable au monde. Les plus belles forêts. Le plus haut taux de suicide. C’est-tu parce que 10 pour cent des adolescents sont anorexiques qu’on a les plus belles femmes du monde ? C’est-tu parce que la vente d’anti-dépresseurs a augmenté de 800 % dans les dix dernières années qu’on a le plus haut niveau de vie au monde ? C’est-tu parce qu’on est tous en train de courir, un numéro dans le dos, en train de suivre la ligne bleue du grand marathon de la performance et de la productivité, qu’on sait plus le nom de nos voisins ? Aime-moi un peu plus, Montréal, pis dis-moi pourquoi ils mettent des téléphones dans le métro pis des clôtures sur les ponts en dentelles que l’on prend pour fuir…

Les danseuses topless sont les mères Térésa des hivers froids. Un prix Nobel pour les effeuilleuses de dentelles. Elles font beaucoup plus pour les grands jetés que les études, les téléphones, les clôtures et les lignes ouvertes à la radio. Je n’aurais pas de ligne ouverte au poignet pour me parler des raisons de vivre, pas de ligne ouverte ni d’aiguilles au coin du bras. Je n’avalerai pas un stade de pilules pour passer au travers ma journée, pour arriver premier au bout de la grande course à pied, pour passer les ponts congestionnés le matin, pour supporter la publicité. Prozac, Aubade, Husler, Rithalin, Lithium, MDMA, Xanax, Paxil, sérotonine et la rape dope, GHB, Viagra, bon matin, masculigne, bonne nuit, topless bars, after hours, dépanneur 24 heures, bière froide cold beer, fed my bed, pop the magic candy, make me feel free. Veux-tu des bonbons baby ? Veux-tu des bonbons baby ? On trouve de tout, même un ami ? Même un ami ?

Montréal, shameless, fais de quoi, n’importe quoi, paye-moi un verre, arrête l’hiver, donne des vacances dans le Sud payé par l’assurance maladie, donne des putes aux politiciens pis aux P.D.G. gras et subventionné pour qu’ils se sentent aimé pis qu’ils arrêtent de m’avaler comme une pilule qui veut pas passer. Montréal, toi qui est le clitoris si beau de l’Amérique, entre les jambes des deux rives, entre l’Europe et les US, ôte la neige des tracks de chemins de fer où je me gèle le nez, ôte les tracks de neiges qui me passent sous le nez les soirs où je me gèle, isole tes ponts pour qu’on s’y sente au chaud, regarde nous pas mourir comme un chiffre, comme un détail. Un détail. 2000 par année… 5 par jour. 80 autres qui y pensent. Un par semaine dans le métro, on ne met plus ça dans les journaux pour ne pas créer d’effets d’entraînement. Les gens sont déjà assez entraînés vers les fonds bottomless, y sont déjà assez entraînés à ne plus penser pis à mourir devant la télé.

Il y a deux aéroports à Montréal pour qu’on puisse partir chacun de notre côté.

Pis même si l’hiver est long comme le mois de février et qu’il me laisse blanc de peur, même si la banque de Montréal a son siège social à Toronto, même si l’aide de l’État donnée aux banques privées en pleine crise dépasse l’aide humanitaire donnée à toute l’Afrique, même si la vie ressemble à un wet T-shirt contest, à une course sans fin avec un numéro dans le dos, même si il y en a encore qui attendent le prochain référendum pour être heureux comme d’autres attendent la réincarnation pour être heureux, même si il y a 12 000 itinérants à Montréal qui couchent sous les ponts pas isolés, entre les cigares de Westmount et l’odeur de tabac de Centre Sud, même si j’ai l’impression qu’il faut mettre des bombes pour se faire entendre et commencer à parler, je ne te laisserai pas tomber Montréal, comme on laisse tomber au fond de sa gorge un cocktail trop gros de comprimé, comme on avale la boîte à pilules au complet, je deviendrai pas un petit cocktail Molotov médicamenté, bien gelé, qui attend que l’ère glaciaire arrête jusqu’à l’année prochaine, posté sur la ligne de départ, près à sauter dans le vide.

Autant des jours, mon désespoir est bottomless, autant mon goût d’y croire est topless.

Un jour, avant que les ponts soient congestionnés par les statistiques, avant de choisir lequel elle va prendre pour sauter, l’île de Montréal va aller voir la mer. Doucement, tendrement, elle va les ôter ses ponts en dentelles pleins de chiffres et de marathoniens, son soutien gorge de ferraille, et ses montagnes deviendront des seins volcaniques. Elle sera topless. Sans comité d’étude, sans promesse de politicien, sans lignes ouvertes au poignet ou à la radio, sans aiguilles dans les bras invitants des poupées gonflables, juste avec le goût de se regarder tout nu pis d’essayer d’être plus heureux, de voir le cœur de notre problème de cœur et d’essayer de comprendre quelque chose aux chiffres. Quand le reste du Canada aura adopté le dollar américain, quand tous vont penser que US, ça veut dire us, quand nos fillettes hormonés seront menstruées à 5 ans, et que nos supermarchés seront libre-échangé, quand on aura tous comme nom, le numéro de notre dossard, quand la ligne bleu du marathon nous servira d’électroencéphalogramme et qu’elle nous mènera Juste pour Rire, vers la star académisation de notre culture, quand il n’y aura que des gagnants bien médicamenté ou des vols planés, alors, l’île va lever l’ancre, elle va suivre le fleuve comme on suit le sexe épilé d’une danseuse, bénie soit-elle, et elle va sortir de l’Amérique de nos amis requins. Elle ne tombera pas dans le delirium tremens des rêves stupéfiants. Avant d’être complètement désespérée, elle va crisser son camp du rat race marathonien comme les rats quittent le navire, elle va suivre les baleines migratrices, elle va aller plus loin que la Floride qui en perdra ses côtes et ses obèses, et elle va aller sur une plage, là où les gens veulent être heureux, là où ils enlèvent les running shoe qui leur servent de cœur pour se tremper les pieds dans l’eau. Parce que ceux qui ont fait le tour de la terre en décollant de Dorval et en atterrissant à Mirabel savent que Montréal est la plus belle, que les filles ici sont toutes des Miss univers et qu’on est sur le plus beau coin de rue du monde.

On comprendra alors que si l’on mange à notre faim ici, on survit psychologiquement, et que les morts ne sont pas que des chiffres. Montréal un jour pourrait être Topless comme les femmes de Tahiti, libre, elle pourrait être sans laisse, lesté de l’Amérique, avoir ses rêves bien à elle, sans se débattre dans la froideur économique des clubs libre-échangistes, dans les débats cunilinguilstiques, dans le boomerang défusioniste, elle pourrait arrêter de suivre comme on suit les autos sur un pont ou la ligne bleue pointillée du marathon, elle pourrait être un continent en soi. Il faut pas attendre d’être foot locké, au top de nos peurs, au bout de notre laisse. On sera tous topless. Sans dessus dessous. Sans couvercle, ni dossard, ni steroïde, ni anti déprimé sous prescription New Balance rebalancée. Tous les anges sauront voler. On en aura fini une fois pour tous avec le grand marathon. On pourra regarder les mouettes voler, pas nos amis. Alors, la vie vaudra le prix d’être vécu. Parce que la vie, c’est une liberté, pas une obligation.

Alors, ma ville, elle sera belle à marier.

PRAYFORPILLS
BUT SLEEP NAKED

 


motelmurders