17/02/2010   

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Anti-pause commerciale :
Gaza, 1 an plus tard

L’occupant à la table de l’occupé (ou les Olympiques)
    Les oies de la propagande sont gavées le canon dans la bouche.

Un an après les bombardements de 2008-2009, le siège de Gaza reste total. Le Canada vote contre le Rapport Goldstone, et stoppe son financement de l’UNRWA, l’organisme de l’ONU d’aide au réfugiés Palestiniens.

Une des grandes victoires d’Israël, quand on parle de l’occupation de la Palestine, c’est de faire croire qu’on se doit de toujours donner les deux points de vue sur le dit « conflit », de présenter un portrait supposément équilibré de la situation, jetant les torts des deux côtés du mur, égalisant les douleurs de part et d’autre, comme si nous n’étions pas dans une situation d’occupation, mais plutôt dans un match de hockey olympique. Si jamais on se retrouvait à faire une table ronde sur l’occupation du Tibet, se sentirait-on obligé d’inviter un panéliste pour nous parler du point de vue de la Chine ? Devrait-on aller jusqu’à inviter un violeur à table lorsqu’on parle de viol ? On ne pare jamais du conflit sino-tibétain, mais de l’occupation du Tibet par la Chine. Or, lorsqu’on parle de l’occupation de la Palestine, c’est ce qu’on nous demande. On ne peut pas simplement dénoncer l’occupation, l’oppression qui en découle et la colonisation, il y en aura toujours qui voudront minimiser ses impacts, ou même la nier, ou encore discréditer ceux qui prennent la parole, ou pire, nous traiter d’antisémites.

Nous faisons face à une occupation, à la répression militaire brutale nécessaire à son implantation. À l’ampleur inhumaine de cette répression, aux assassinats sélectifs, à la torture, aux enlèvements, aux expropriations… Se réclamer de la neutralité face à un acte d’oppression, c’est refuser de le dénoncer. En refusant de le dénoncer, on tolère l’oppression et donc on prend parti pour l’oppresseur, on accepte. Continuer à perpétrer l’idée d’un équilibre entre les forces en jeu au cœur de cette occupation, d’un équilibre entre les souffrances qui en découlent, c’est promouvoir la légitimité de cette occupation. Et c’est nier l’ignominie qu’elle implique. L’occupation est d’une violence inacceptable.

Suite à mes voyages en Palestine occupés, je suis rentré chez moi. Après le service militaire, les Israéliens rentrent chez eux. Puis bien souvent, ils partent en voyage à travers le monde. Les soldats israéliens de profession rentrent chez eux aussi, les soirs de permission. Pour les Palestiniens, l’occupation est constante, omniprésente. Ils n’y échappent jamais. Ils n’ont toujours pas de chez eux et, sauf s’ils sont chassés, ils ne peuvent pas sortir des murs qu’ont leur impose, et ce malgré l’illégalité déclarée de ces murs par les agences internationales comme l’ONU.

Plus de 700 000 Palestiniens ont dû fuir leur demeure en 1948*. Et depuis, lorsqu’ils veulent témoigner de la violence qu’ils ont subie, de l’horreur qui se perpétue, ces réfugiés doivent toujours partager leur temps d’antenne avec l’occupant, sous le prétexte de l’équilibre. Leur parole en est banalisée, et leur douleur ne devient qu’une opinion diluée parmi la rhétorique, et la propagande. Cela doit cesser.

Certains ont dit que « Le conflit israélo-palestinien n'est pas un conflit si important dans le monde. » Qui s’occupe de quantifier l’horreur ? Qui peut déterminer l’échelle de ce qui est important quand on parle directement de la vie de gens, de peuples ?

* Ces chiffres sont ceux de l’ONU. Encore une fois, il s’en trouve qui seront prêts à les nier.

« Nous sommes 600 000 Juifs à vivre de ce côté de la Ligne verte (en Cisjordanie) en comptant Jérusalem-Est (annexée par Israël en juin 1967), je vous assure que d'ici cinq ans, nous serons deux millions. ** »

DANIELLA WEISS, L'ANCIENNE MAIRE DE KEDOUMIM.
Citation tirée de La Presse, 09 décembre 2009.


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