19/01/2011   

art mécanik
hurle
Eden Motel
xia
Film film
Bookmark and Share Partager

 

 

L'AN ZÉRO
dix-neuvième grain de riz sous la langue

Cambodge, carnet de voyage, printemps 2010.

Les 1001 Bouddhas
    Comment croire ?

Bouddha, c’est la fillette de 5 ans
Vendue au libre marchée du trafic sexuel
Bouddha, c’est la rue au lever du soleil
C’est la foule qui la suit vers les manufactures étrangères
Où elle vendra sa journée pour à peine exister
Bouddha, c’est l’éléphant à touriste
Divinité pillée pour mariage arrangé
C’est le boxeur qui doit perdre
Dans un combat arrangé
Bouddha, c’est la sœur laide
Battue de ne pas être vendue
Bouddha, c’est le gamin nu
Qui pleure dans une chambre d’étranger
Bouddha, c’est le ventilateur qui sèche ses pleurs
Bouddha, c’est le client trop saoul
Qui s’endort avant le viol,
Bouddha, c’est le tuberculeux, le paludé
C’est le cube de glace sur son front fiévreux
Bouddha, c’est l’argent qui se perd et la corruption qui n’a pas lieu
Bouddha, c’est l’aide humanitaire
Et les premiers dollars dans les mains de la prostituée
Bouddha, c’est les araignées frites
Et le silence du propriétaire
Face à son champ miné
Bouddha, c’est la tombe de son fils explosé.

Cambodge. Kampuchéa.
Violence génétique.
Et sourire mythique.
Les Cambodgiens ont vécu les camps de Pol Pot,
Ils sont aux putes,
Bouddha, c’est l’humanité retranchée dans les retailles
Bouddha, c’est son ventre.
C’est la violence.
C’est le mur entre nous et eux.
C’est les lois du marché.
Ne reste que moi.
Bouddha, c’est moi.

 


motelmurders

 


<--
Debut de la série "L'AN ZÉRO"
<--

-->
Texte suivant
-->

<--
Debut de la série "L'AN ZÉRO"
<--