29/08/2000

     

 

 

 

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CHINOISERIES

...la terre se mit à trembler sous leur lit alors qu’un grondement sourd se rapprochait d’eux à une vitesse effroyable. Quelques secondes plus tard, un régiment complet défonçait l’unique porte de leur modeste demeure laissant place à l’empereur, haletant et tout en sueur devant leur lit. Croyant rêver encore, les deux époux se frottèrent les yeux se demandant bien ce qui se passait mais bien vite, les soldats de l’empereur les ramenèrent à la réalité en empoignant Ling Rui et en le forçant à enfiler ses vêtements et à les suivre. Les pleurs de Meng Jiang n’y purent rien. Ling Rui avait tenté de fuir les ordres de l’empereur une fois, il n’y arriverait pas une seconde fois. Ling Rui prit alors Meng Jiang dans ses bras et la supplia de cesser de pleurer. Il lui promit d’être de retour avant trois mois et partit donc avec l’empereur vers le nord du pays, pour diriger les travaux de construction de la muraille.

Les mois passèrent et Meng Jiang, qui attendait patiemment le retour de son mari, n’avait toujours pas de nouvelle de lui. Les mois se succédèrent d’une façon interminable et l’hiver, quant à lui, approchait à grands pas. Meng Jiang, n’y tenant plus, décida donc de partir vers le nord, dans la province de Hubei, à la recherche de son mari. Après des semaines de voyagement pénible et dangereux, elle arriva enfin sur les lieux du chantier. Elle trouva alors sur place un spectacle à glacer le sang: des milliers d’hommes travaillant à transporter d’immenses pierres passaient devant elle, lui exposant des visages livides et transparents. Croyant croiser le regard de son époux à chaque instant, elle se rendit vite à l’évidence qu’il était mieux pour elle de trouver une solution plus efficace. Elle se mit alors à demander à tous ces gens s’ils connaissaient un bel homme grand et imposant nommé Ling Rui. Malheureusement, personne ne connaissait ce nom. Après des jours et des nuits de recherche, Meng Jiang, épuisée et crasseuse, explosa d’une colère terrible. Ses pleurs retentirent aux quatre coins du chantier et même au-delà de l’horizon. Si bien que d’un seul coup, la muraille se fendit devant elle et s’écroula quelques mètres plus bas. Un silence de catacombes flottait dans la poussière des décombres. Les ouvriers, estomaqués par la puissance des pleurs de Meng Jiang, restaient là, ébahit, à contempler les dégâts dans la poussière qui retombait. Quelques secondes plus tard, l’image enfin plus clair du mur détruit laissa place à un autre spectacle encore plus terrifiant. Des centaines d’ossements gisaient sur le sol, témoins de l’histoire de la muraille et des esclaves y ayant perdu la vie. Le sang de Meng Jiang se glaça instantanément. Comprenant ce qu’il était advenu de son mari, elle prit une hachette qui traînait sur le chantier et se coupa le bout des doigts. La coutume voulant que l’on fasse couler son sang sur les os des morts afin de savoir lesquels appartenaient à sa propre famille, le sang n’adhérant qu’aux os de même famille. Meng Jiang s’exécuta immédiatement mais sans grand succès. Au bout de quelques heures, exténuée et à bout de sang, elle dut renoncer à ses recherches. L’empereur, ayant été mis au courant des démarches de Meng Jiang, vint à sa rencontre. Il lui proposa alors de la prendre comme concubine. Considérant l’hiver qui approchait à grand pas avec son lot de danger et de famine, Meng Jiang accepta son offre à trois conditions : la première voulait que l’empereur offre une sépulture à son mari et qu’un enterrement digne de lui soit annoncé. La deuxième demandait à l’empereur que tous les esclaves morts lors de la construction du mur soient aussi enterrés. La troisième et dernière condition demandait que plus aucun esclave ne soit utilisé pour la construction du mur . L’empereur accepta immédiatement.

Encore aujourd’hui on peut visiter, dans le nord de la Chine, un mausolée à l’effigie de Meng Jiang, figure très respectée en Chine. En demandant à l’empereur de ne plus utiliser d’esclaves pour la construction du mur, elle a sauvé des milliers d’hommes d’une mort certaine...

 


Xia ge libai jian !
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